De nos jours, un des types de conflits les plus courants à la maison est dû à l’utilisation d’un smartphone. Quelqu’un dans la plupart des foyers a pris l’habitude de se déconnecter des autres et vérifie constamment son téléphone. En fait, si cela fait un certain temps que cela dure, cela ressemble moins à une habitude et plus à un besoin essentiel. Vous avez besoin d’air, de nourriture, de sommeil et de Facebook…

J’ai été ce type de personne dans notre foyer, et je fais actuellement de sérieux efforts afin que cela change.

Le message que nous envoyons réellement quand nous envoyons un SMS est : Je préfère être avec mon téléphone plutôt qu’avec ma famille, mon épouse, mes enfants, mes invités. Comme Sherry Turkle l’a observé, nos téléphones nous permettent d’être potentiellement connectés avec de nombreuses personnes, mais également d’avoir la tête toujours ailleurs Alone Together. Vérifier constamment son téléphone c’est envoyer le message à ceux qui vous entourent que vous n’êtes pas vraiment avec eux. Nous sommes au foyer ensemble, et cependant nous sommes seuls.

Le même appareil qui nous permet d’être avec des personnes à l’autre bout du monde nous sépare de la présence de ceux qui sont juste à côté de nous. Quand nous y pensons, cette démarche est complètement stupide. Nous passons outre les besoins qui sont en face de nous, une bonne conversation avec notre épouse ou avec nos enfants, ou une opportunité de connaître l’autre et d’échanger avec lui, pour quoi ?

  • Instagramm
  • Angry birds
  • Les résultats sportifs
  • Des commentaires sur Facebook
  • Des vidéos Youtube
  • Minecraft
  • Des podcasts
  • Des retweet
  • Des potins de stars
  • Les dernières infos
  • Des SMS

Aucune de ces choses n’est mauvaise en soi, mais aucune d’entre elles ne mérite toute l’attention que nous pouvons parfois leur accorder. Aucune d’entre elles ne vaut la peine que l’on compromette pour elles notre mariage, notre famille ou nos amitiés.

Le mensonge

Satan nous donne toute une série de mensonges afin que nous restions accrochés à notre téléphone et détachés de ceux qui nous entourent. Les téléphones étaient autrefois attachés aux murs, mais maintenant c’est nous qui sommes attachés à eux. Il y a beaucoup de mensonges que nous pourrions citer. Mais j’aimerais vous en citer deux qui sont particulièrement efficaces et représentatifs de la situation actuelle.

D’un côté, on nous a enseigné que chacun d’entre nous est un élément indispensable dans ce monde, une charnière sur laquelle tout le monde compte. Qu’est-ce que les gens feraient sans moi ? Ce serait égoïste, et même un manque d’amour si je me coupais des autres. Le monde à besoin de moi.

De l’autre côté, nous mettons beaucoup d’espoir dans le monde, nous désirons être désirés, être reconnus, ou encore ressentir le fait d’être important et dans le coup. Depuis notre naissance nous voulons être aimés, c’est pourquoi nous entrons dans ce cercle vicieux des emails incessants pour le travail, des réseaux sociaux et des vidéos virales. Nous nous accrochons à notre téléphone parce que nous voulons avoir l’attention du monde et son affection. Nous avons besoin du monde.

Afin de retrouver notre liberté par rapport à notre téléphone, nous devons donc être libérés de ces mensonges qui nous enchaînent à la technologie.

Mensonge #1 : Le monde a besoin de moi

Pour certains d’entre nous, c’est le complexe du sauveur qui nous tient attachés à notre téléphone. Nous avons peur que quelque chose arrive et que quelqu’un ait besoin de nous – et de nous uniquement – immédiatement. Que pourraient-ils faire si je ne suis pas là ? Et bien probablement qu’ils feraient la même chose qu’ils ont fait pendant des milliers d’années avant que le téléphone existe ou qu’ils ont fait pendant des centaines d’années quand le téléphone était encore accroché au mur. Ou plus probablement, et c’est peut-être encore plus impensable pour une génération centrée sur elle-même comme la notre, qu’ils appelleraient simplement quelqu’un d’autre.

Si nous éteignons notre téléphone et partons faire une balade, nous allons devoir reconnaître que nous ne sommes pas aussi indispensables que nous le pensons. C’est une pensée effrayante pour certains, car nous aimons être aimés.

Mais le monde n’a pas besoin de moi. Dieu a gouverné, préservé et fait prospérer le monde sans moi pendant des milliers d’années. Si je meurs soudainement demain, il y aura certainement une douleur et une perte pour quelques personnes, mais le monde survivra et continuera sa marche. Le Dieu omniscient et omnipotent est toujours en contrôle, et il veille à ce que son travail soit accompli sur toute la planète en tout lieu.

Dieu prend soin de chaque détail avec un amour parfait, un timing parfait et avec sa puissance illimitée. Il est tout particulièrement attentif quand il s’agit de protéger et de pourvoir pour des personnes qui l’aiment (Matthieu 6:26,30). Cette vérité devrait nous enlever un poids des épaules à chaque fois que nous voulons prendre la part de Dieu, et devrait nous pousser à simplement servir ce petit (et cependant significatif) rôle qu’il donne à chacun.

De manière ironique, en essayant de « sauver » le monde avec notre disponibilité permanente – en vérifiant, encore et encore nos téléphones – nous abandonnons cette partie du monde qui a le plus besoin de nous, ces personnes qui sont sous notre propre toit. Les personnes qui ont le plus besoin de nous, et dont nous avons le plus besoin, ne sont pas celles à qui nous pouvons envoyer des emails ou des Tweets, mais celles qui sont dans la pièce d’à côté.

Le temps que vous pouvez prendre de visu avec les personnes avec qui vous vivez ou travaillez ne peut pas être remplacé avec Facetime (ou Facebook, ou Instragram). Dieu vous a placé entièrement – esprit, corps et âme – dans un seul lieu et dans un seul moment, de sorte que vous ne pouvez être directement en contact qu’avec un nombre restreint de personnes.

Les apôtres savaient qu’à long terme même les épîtres qu’ils écrivaient n’étaient pas suffisantes (1 Timothée 4:14, 2 Jean 12 ; 3 Jean 13). Paul et Jean voulaient voir les gens (Romains 1:11). Le ton, le langage corporel, les expressions faciales, le contact physique ont leur importance dans ces relations. Nous avons perdu la valeur irremplaçable de la présence physique dans les relations. Cette présence valorise l’amour que nous donnons et recevons dans nos maisons, dans nos voisinages, dans nos églises et sur nos lieux de travail.

Mensonge #2 : J’ai besoin du monde

Nous avons besoin d’être désirés. Nous aimons l’idée que quelqu’un puisse nous texter ou nous appeler pour avoir notre attention. Nous ne voulons pas rater ce moment où une personne pense à nous. Notification après notification, notre téléphone justifie et loue notre existence. Il nous rassure quant au fait que nous sommes considérés comme talentueux, importants, et aimés – même si cette affection est souvent superficielle et à court terme.

Notre smartphone nous fait sentir désiré, il nous donne le contrôle, ou tout du moins l’illusion que nous contrôlons les choses. Turkle écrit, « Aujourd’hui, notre rêve est de ne jamais être seul, mais toujours en contrôle. Or, cela ne peut pas être possible quand nous sommes dans une relation un à un avec une personne » (p157). Nous décidons au travers de nos clicks. Quelles applications allons-nous télécharger ? Avec qui voulons-nous avoir des contacts ? Les relations de visu ne sont pas aussi commodes que les amis Facebook ou les followers sur Twitter. Vous ne pouvez pas ignorer une épouse ou un enfant pour un petit moment comme vous le feriez sur internet. Et ce sont pourtant dans ces relations que nous sommes appelés à être fidèles et dans lesquelles nous aurons plus le plus d’impact dans la durée.

Cet âge de l’information nous a tous transformés en des personnes qui avons besoin de tout savoir. Et tel un journaliste désespéré et privé de sommeil, nous vérifions nos sources toutes les minutes, à la recherche du prochain gros titre que ce soit dans le domaine du sport, du régime alimentaire, de la politique ou encore de l’éducation. Nous travaillons dur afin de nous tenir au courant, mais nous finissons par tout savoir sur pas grand-chose. De manière tragique nous connaissons les dernières tendances sur Twitter, les vidéos les plus drôles sur Facebook, mais nous avons les plus grandes difficultés du monde pour répondre aux questions concernant notre propre famille et nos collègues.

En tant que croyants en Jésus-Christ et en son Évangile, notre identité ne se trouve pas dans combien nous sommes indispensables dans cette vie, ou dans la quantité de choses que nous contrôlons, ou dans les informations que nous connaissons. Notre vie se mesure par la vie qui nous a été donnée, par le prix qui a été payé afin que nous soyons en sécurité et entièrement satisfait (1 Corinthiens 6:20 ; 1 Pierre 1:19). Nous avons été créés et sauvés, non pas pour être aimé par les réseaux sociaux, mais par le Dieu tout-puissant, saint et miséricordieux.

Ne pas déranger

Une des manières très pratiques d’éviter ces pièges et de simplement utiliser l’option « Ne pas déranger » de notre téléphone. Vous pouvez choisir de recevoir tout de même des appels de certaines personnes ou de personnes qui vous appellent plusieurs fois dans l’urgence. Mais vous éliminez par là la majeure partie des notifications. Vous pouvez programmer cette option pour qu’elle s’enclenche chaque nuit à une certaine heure, ou simplement l’activer une heure ou deux tandis que vous mangez ou que vous travaillez sur un projet ou que vous passez du temps en famille.

Si vous vous accrochez à votre téléphone pour le travail, vous avez probablement autorisé votre travail à avoir une trop grande partie dans votre vie. Il existe vraiment très peu de travail qui demandent (ou même s’attendent) à ce que vous soyez joignables chaque minute à chaque instant. La vérité c’est que beaucoup d’entre nous avons un panneau « Ne pas déranger » avec nous la plupart du temps. La question est de savoir si ce panneau est dirigé vers le monde qui nous entoure ou vers les personnes qui sont proches de nous.

En fermant la porte au monde pendant quelques instants, nous invitons les personnes qui sont proches de nous à nous rejoindre et nous pouvons alors leur donner plus d’attentions qu’elles n’ont l’habitude de recevoir. En faisant cela, vous rappelez également à votre coeur où votre vrai trésor se trouve malgré toutes les fausses promesses que Satan peut vous faire (Matthieu 4:8-9).

Une attention pleine et entière est un don rare et précieux de nos jours. Surprenez les personnes que vous aimez en ignorant votre téléphone, en le laissant hors de votre vue, en désactivant les alertes, et en donnant une oreille attentive à ceux que vous aimez.

Article traduit par Daniel Zuwala. © 2018 Desiring God Foundation. Site web : DesiringGod

Vous êtes autorisés et même encouragés à reproduire et à distribuer cet article dans son ensemble et ce de manière gratuite uniquement. En cas de partage sur internet, merci de ne poster qu'une partie du contenu (et non sa totalité) et de placer un lien vers cette page.