Pierre nous dit que « le Seigneur ne retarde pas l’accomplissement de sa promesse, comme quelques-uns croient qu’il ait du retard » (2 Pierre 3:9). À un moment donné, nous avons tous fait parti de ces « quelques-uns ». Dans ces moments-là, il est clair que notre sentiment d’urgence est bien différent de celui de Dieu. Et il l’est effectivement. Nous préférons mesurer le temps en minutes plutôt qu’en mois. Mais l’Ancien des Jours mesure le temps en millier d’années (2 Pierre 3:8).

Dieu sait que parfois il nous paraît agir de manière très lente, c’est bien pour cela que dans sa grâce il nous a donné la Bible. Ce livre, que Dieu a pris des milliers d’années à assembler, nous montre que Dieu n’est pas lent, mais qu’il est patient afin de manifester sa miséricorde au plus grand nombre (2 Pierre 3:9). Cela nous montre que Dieu est rempli de compassion envers nous quand nous l’attendons pour ce qui nous paraît être une éternité.

Pas comme s’il avait du retard

Abraham et Sarah ne sont pas seulement les parents de tous ceux qui ont foi en Dieu (Romains 4:16). Mais leurs vies sont peut-être une des plus célèbres illustrations de la miséricorde de Dieu dans ce qui semble être une trop longue attente.

Abram (ce qui était son nom avant que Dieu ne le change en Abraham) était déjà âgé de 75 ans quand Dieu lui promet de faire de lui une grande nation qui sera une bénédiction pour toutes les familles de la terre, lui promettant également que sa postérité posséderait la terre de Canaan (Genèse 12:1-3).

Cependant, il y avait un problème : Abram n’avait aucune descendance. Sa femme Sara (ce qui était son nom avant que Dieu ne le change en Sarah), était stérile (Genèse 11:30).

Les années ont passé, et toujours pas d’enfant. Abraham alors planifia de faire son serviteur Eliezer son héritier. Mais Dieu lui dit, « Celui-ci ne sera point ton héritier ; mais celui qui sortira de tes entrailles, sera ton héritier » (Genèse 15:4). Alors il fit sortir Abram à l’extérieur, lui montra le ciel étoilé, et lui dit que sa postérité serait si nombreuse que cela serait comme compter les étoiles.

Mais les années passèrent, et il n’y avait toujours aucune trace d’une postérité.

Sarah devint désespérée et abandonna toute attente. Elle décida qu’Agar, sa servante, pourrait porter l’enfant à sa place. Cela pouvait sembler raisonnable pour un Abram maintenant âgé de 86 ans, mais il ne consulta pas l’Éternel sur ce sujet, et cette solution humaine se retourna contre eux.

Treize années plus tard, Dieu annonce à Abram, alors âgé de 99 ans, que sa femme de 89 ans porterait son fils. Il changea leur nom en Abraham (père d’une multitude) et Sarah (princesse). Un an plus tard, Isaac naissait.

Ce fut une attente de 25 ans, au cours duquel l’espoir humain d’avoir un enfant passait de hautement improbable à carrément impossible. Leur seul espoir se trouvait dans la promesse de Dieu, ce qui était justement où Dieu voulait en venir en prolongeant cette attente.

[Abraham] n’eut ni doute ni défiance à l’égard de la promesse de Dieu, mais il fut fortifié par la foi, et il donna gloire à Dieu, étant pleinement persuadé que ce qu’il promet, il peut aussi l’accomplir. (Romains 4:20-21)

Dieu a décidé que tous ses vrais enfants naîtraient de nouveau par la foi pour une espérance vivante (1 Pierre 1:3) et qu’ils vivraient par la foi (la foi d’Abraham, Galates 3:7) dans ses promesses uniquement (Romains 1:17). Alors il utilisa ces attentes douloureuses afin de cultiver cela en Abraham et en Sarah, et il agit de la même manière avec nous.

Encore combien de temps, Seigneur ?

Une des choses les plus réconfortantes au sujet des Écritures, et qu’elles nous révèlent la compassion que Dieu a pour nous qui sommes si impatients. Il sait qu’il peut nous sembler agir lentement. Il sait que parfois nous allons nous sentir comme s’il nous avait oubliés ou comme s’il se cachait de nous. Il sait que pendant qu’il travaille patiemment en nous, nous allons expérimenter des circonstances si difficiles et tellement confuses que nous crierons de douleur.

Et non seulement il nous donne des histoires comme celle d’Abraham et de Sarah pour nous aider à voir que nous ne sommes pas seuls dans ces épreuves, mais il nous donne également un psaume comme le Psaume 13.

Jusques à quand, ô Éternel, m’oublieras-tu toujours ?

Jusques à quand me cacheras-tu ta face ? (Psaume 13:1)

Le livre des psaumes est un livre plein de poésie brute. Une poésie plus brute et plus franche qu’aucun de nous sommes, même quand nous nous confions à nos amis les plus proches. Et ces psaumes sont des psaumes destinés à être chantés ensemble. Le peuple d’Israël chantait ces psaumes de manière communautaire.

Par ces psaumes, nous pouvons entendre que Dieu sait que notre attente peut nous sembler difficile. Il sait que cela peut nous sembler beaucoup trop long. Il nous donne la permission de lui demander, « Combien de temps cela va-t-il encore durer ? » Il nous rappelle que quand nous nous sentons abandonnés c’est une expérience commune à tous ses enfants dans la foi. Une chose si commune que nous pouvons chanter ensemble ces paroles.

Et tandis que nous prions ou que nous chantons de tels psaumes, cela nous rappelle que Dieu ne nous a pas abandonnés. Cela nous rappelle que ce que nous ressentons n’est pas toujours la réalité. Mais que les promesses de Dieu sont plus vraies que ce que nous pouvons ressentir ou percevoir.

Une force renouvelée

« Le Seigneur ne retarde point l’exécution de sa promesse, comme quelques-uns croient qu’il y ait du retard ; mais il use de patience envers nous, ne voulant point qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance. » (2 Pierre 3:9)

Le rythme de Dieu, ainsi que l’endroit où il nous a placés – cet endroit qui nous paraît tellement confus et douloureux que nous nous sentons coincés – est pour notre bien. Bien plus que nous ne pouvons l’imaginer. Il y a bien plus de choses en jeu que nous pouvons le voir.

Et Dieu nous donne deux promesses pleines de grâce quand cette attente semble trop longue :

Car on n’a jamais entendu, jamais oreille n’a perçu, jamais oeil n’a vu, qu’un autre Dieu que toi fît de telles choses, pour celui qui s’attend à lui. (Ésaïe 64:4)

Il donne de la force à celui qui est lassé ; il accroît la vigueur de celui qui est affaibli. Les jeunes gens se fatiguent et se lassent, les jeunes hommes deviennent chancelants. Mais ceux qui s’attendent à l’Éternel reprennent de nouvelles forces. Les ailes leur reviennent comme aux aigles. Ils courront, et ne se fatigueront point ; ils marcheront, et ne se lasseront point. (Ésaïe 40:29-31)

Tout comme pour Abraham et Sarah, Dieu est à l’oeuvre pour vous tandis que vous l’attendez, et il nous amènera des forces nouvelles pour votre coeur fatigué.

Alors « demeurez fermes, et que votre coeur se fortifie, vous tous qui vous attendez à l’Éternel ! » (Psaume 31:24). Il est capable d’accomplir ce qu’il a promis.

Article traduit par Daniel Zuwala. © 2018 Desiring God Foundation. Site web : DesiringGod

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