Il n’y allait pas franchement. Ses tentatives pour découvrir mes sentiments ne marcheraient pas. Je resterais ferme, tandis qu’il continuerait à me sonder.

C’était notre troisième sortie ensemble et il commençait à tâter le terrain, mais je n’y répondais pas. Il n’y avait pas moyen que je sois la première à me lancer. Je m’attendais à ce que soit lui qui aborde franchement notre relation. Je voulais que ce soit lui qui me fasse part en premier de ses sentiments et qu’il officialise notre relation. Nous étions dans une impasse. Ce silence gênant perdura jusqu’à la fin de notre soirée.

Quand nous nous quittèrent ce soir-là, je commençais à m’énerver et à douter de lui. « Peut-être n’est-il pas le type d’homme que je cherche ? » « Cela ne va pas marcher. » « Il ne fait pas les choses comme il faut. » Des jugements sévères faisaient grandir en moi un carapace autour de mon coeur, et je commençais à le rejeter intérieurement. Je pensais que cela allait se terminer avant même d’avoir commencé.

Mais un bon ami intervint et mit à mal mon idéalisme avec quelque sage pensée réaliste. « Donne-lui une chance. C’est vraiment difficile pour un homme de se déclarer. Aide-le un petit peu. » Je ravalais ma fierté, réalisant que j’avais besoin d’encourager et de soutenir mon petit ami potentiel, afin qu’il puisse se sentir suffisamment en confiance pour réessayer. Je lui offris donc par la suite une autre opportunité pour passer du temps ensemble, où finalement il se déclara.

C’est une bonne chose d’écouter les conseils de ses amis, parce que ce petit ami potentiel devint mon mari.

Des attentes irréalistes

Avant d’être mariée, j’étais dure avec les hommes parce que je savais que la Bible mettait la barre très haute en ce qui concerne le fait d’être un vrai homme. Cet état d’esprit m’a bien servi pour écarter les « mauvais », mais m’a aussi empêché d’aller plus loin avec les « bons ». Mon manque de grâce était mon talon d’Achille. Là se trouvaient ma faiblesse et ma vulnérabilité au milieu de toute ma force et de mon orgueil.

J’étais vraiment bonne pour savoir ce que les autres devraient faire, et tout spécialement les hommes, mais j’étais assez négligente quand il s’agissait de moi. Avoir des idées bien arrêtées sur ce qu’est un homme ou une femme selon Dieu peut être avantageux quand il s’agit de choisir un petit ami ou un mari, mais cela peut aussi donner naissance à attentes irréalistes.

Savoir ce que nous devrions être (dans le cas idéal) peut nous faire oublier ce que nous sommes réellement (dans la réalité). Les hommes ne dirigent pas toujours parfaitement leur famille, tout comme les femmes ne respectent pas toujours et ne sont pas toujours soumises à leur mari. Quand l’idéal devient réalité, nous expérimentons alors une vraie grâce de Dieu. Et cette grâce qui nous a été accordée doit nous inspirer par la suite, elle doit tempérer les attentes que nous pouvons avoir dans nos relations.

Cette vérité ne veut en aucun cas dire que nous devrions accepter de sortir avec n’importe qui, ou que nous devrions tolérer le péché dans le mariage, mais c’est un rappel que nous devrions avant tout examiner notre propre coeur avant de critiquer les égarements des autres.

Jésus dit en Matthieu 7:3-5,

Et pourquoi regardes-tu la paille dans l’oeil de ton frère, tandis que tu ne vois pas la poutre dans ton oeil ? Ou comment dis-tu à ton frère : Permets que j’ôte cette paille de ton oeil, et voici une poutre est dans le tien ? Hypocrite ! Ôte premièrement de ton oeil la poutre, et alors tu penseras à ôter la paille de l’oeil de ton frère.

Parfois la grâce se manifeste dans nos vies après que l’on ai nous-mêmes premièrement examiné notre propre coeur. Il est facile de voir les faiblesses des autres tandis que nous ignorons les nôtres. La Parole de Dieu nous demande de parler en vérité avec amour, ce qui peut parfois mener à des confrontations directes. Mais si nous demandons à Dieu de nous rendre davantage conscients de notre propre péché que de celui des autres, nous aurons alors trouvé une solution aux nombreux problèmes que nous pouvons rencontrer dans nos relations. Aucun de nous n’a atteint les attentes que l’Écriture met devant nous. Avoir conscience de cela nous donne l’humilité dont nous avons besoin quand il s’agit de s’encourager les uns les autres à tendre vers cet idéal.

Ce que j’ai appris de la grâce

J’ai appris une leçon quand mon mari et moi nous nous fréquentions que je suis toujours en train d’apprendre dans notre mariage. Je suis bien meilleure pour critiquer (et même pinailler pour des choses insignifiantes) que je ne le suis à faire preuve de grâce. Quand il ne fait pas les choses de la bonne manière, selon les standards de Dieu ou les miens, je peux être dure et manquer d’amour. Je peux certes aider mon mari en lui montrant comment il peut grandir et changer, mais je néglige souvent cet appel à me changer premièrement.

La grâce dont j’ai fait preuve envers mon mari quand nous fréquentions l’a aidé à se déclarer et à officialiser notre relation. J’ai changé avant qu’il change. J’ai enlevé la poutre de mon oeil, afin que je puisse voir la meilleure manière de l’aider avec la paille qu’il avait dans le sien. Après cinq ans de mariage, je suis encore appelé à agir de la sorte, « jusqu’à ce que la mort nous sépare ».

Je suis tellement reconnaissante que mon ami ait confronté mes attentes irréalistes et m’ait poussée à faire preuve de grâce envers mon prétendant.

Article traduit par Daniel Zuwala. © 2018 Desiring God Foundation. Site web : DesiringGod

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