La beauté d’un esprit doux et paisible

J’étais en train de profiter de mes vacances avec ma famille. Depuis deux jours, j’avais pris l’habitude de me lever de bonne heure, d’aller m’entraîner, et ensuite – une des choses que je préfère quand j’en ai l’occasion – de me poser devant l’océan avec un café et ma Bible. C’est mon moment calme et rafraîchissant de la journée.

Mais le troisième matin, alors que je m’asseyais confortablement à mon endroit habituel, j’ai ouvert ma Bible en 1 Pierre et j’ai été rapidement perturbée. J’étais arrivée au chapitre trois, et j’ai lu le passage suivant :

Que votre parure ne soit point celle du dehors, l’entrelacement des cheveux, les ornements d’or ou l’ajustement des habits, mais l’homme caché dans le coeur, l’incorruptibilité d’un esprit doux et paisible, qui est d’un grand prix devant Dieu. (1 Pierre 3:3-4)

J’ai été interpellée par les mots en italiques, et je n’arrivais pas à comprendre pourquoi. Est-ce que je n’avais pas déjà traité ces choses de nombreuses fois auparavant avec mon Seigneur ?

Je ne suis pas naturellement douce et paisible. Je le sais. Ma nature c’est plutôt de dire les choses que je pense quand je les pense. C’est peut-être pour cela que je suis devenue avocate. Au tribunal, je pouvais manier les opinions et les arguments telle une fine lame.

Mais j’étais née de nouveau et depuis j’avais appris que ce je pensais être un don dans le monde était un vrai handicap dans le mariage. Si je voulais glorifier Christ, j’avais besoin de mourir à tout ce qui venait naturellement en moi et à marcher par l’Esprit. Et avoir cet esprit doux et paisible fait parti de cette marche.

Alors, assez tôt dans mon mariage, j’avais pris l’habitude de faire cette prière régulièrement à Dieu. Je lui demandais de faire grandir en moi un esprit doux et paisible, et tout spécialement lorsque j’étais à la maison, avec mon mari.

Et cependant, après vingt-deux ans de mariage, dans ce coin de plage, l’Esprit était encore en train de me parler sur ce sujet.

La vie intérieure

Tandis que je priais pour comprendre pourquoi, la raison devenait plus claire. Comme un film qui repassait devant moi, je voyais tous ces moments durant ce dernier mois où je n’avais reflété cet esprit « doux » et « paisible ». Bien que par la grâce de Dieu, je n’étais plus aussi tranchante avec ma langue, j’avais encore des problèmes… à l’intérieur de moi.

Je me revoyais quand j’avais été assez facilement irritée et impatiente. Dans ces moments, je n’avais pas forcément dit quelque chose à mon mari, mais à l’intérieur de moi, j’étais bouillonnante. Il y avait eu de l’exaspération dans mon coeur. Et bien que cela n’avait pas été audible, Jésus lui l’avait bel et bien entendu. Et ce n’était pas quelque chose de recommandable.

N’est-ce d’ailleurs pas le point central de ce message ? Les femmes chrétiennes doivent orner leur homme intérieur. Plus que la manière dont nous nous habillons ou la coiffure que nous portons, c’est le coeur qui compte. C’est le coeur qui doit être l’objet de notre attention. C’est lui qui devrait être étincelant de beauté. Un coeur ronchonnant, mécontent et exaspéré n’est en rien quelque chose d’admirable. Il n’a alors pas cette qualité douce et paisible que le Seigneur trouve précieuse. Le coeur du problème c’était que dans ces moments-là mon coeur n’était pas humble. Cette vision m’attrista.

Une vie soumise

Je pris conscience que le principal problème derrière tout cela était un problème de soumission. Je trouvais cela assez ironique puisque j’avais justement enseigné auparavant sur la soumission et j’avais encouragé les femmes à voir la beauté de la soumission en leur citant (parmi d’autres passages) ces versets en 1 Pierre :

Femmes, soyez de même soumises à vos maris, afin que s’il y en a qui n’obéissent point à la parole, ils soient gagnés sans la parole, par la conduite de leurs femmes ; lorsqu’ils verront votre conduite chaste et respectueuse. (1 Pierre 3:1-2)

J’aime beaucoup ce passage. J’aime la paix et la puissance qu’il y a de savoir que Dieu peut travailler nos maris sans un mot de notre part à nous les épouses. Et cependant, ce « sans un mot » doit être accompagné d’une conduite chaste et respectueuse. Je suis à peu près certaine que mon exaspération, bien que cachée, ne correspond pas à cette conduite.

Pendant ces moments, il était souvent question de la manière dont les choses étaient gérées par mon mari, et pas forcément des choses importantes. Mais quand la chair veut quelque chose, elle le veut. Et même si nous ne nous rebellons pas de manière directe, ce soupir d’exaspération, ce « je-sais-mieux-que-toi-mais-je-le-fais-a-ta-manière » est quand même de la rébellion. C’est un manque d’humilité et un manque de conscience que bien souvent je ne sais pas mieux faire. Je ne compte plus les fois où avec le recul j’ai remercié Dieu parce qu’on avait fait les choses comme mon mari l’avait voulu et non pas comme je l’aurais voulu.

Jésus désire une soumission du coeur comme nous l’avons envers lui. Quand nous nous soumettons, nous lui faisons confiance. Nous sommes alors en train de dire – peu importe comment les choses sont gérées, peu importe comment mon mari mène les choses, peu importe les décisions qu’il prend – « Je te fais confiance Seigneur pour que tu le diriges lui et notre famille ». Il y a quelque chose de vraiment beau quand nous nous alignons sur notre mari par la prière, plutôt que de rester dans notre opposition, même si elle n’est que silencieuse.

Et dans ces moments où nous ne faisons pas bien les choses, le Seigneur est là pour nous rediriger.

Dieu fait grâce

En vingt-deux ans de mariage, il y a eu de nombreuses fois où je n’avais pas raison. En tant de croyants, nous sommes toujours en train de grandir, en train d’être sanctifiés, et notre chair est en constante opposition avec l’Esprit. Il y aura encore des moments où nous réagirons d’une manière qui ne reflète pas cet esprit doux et paisible. Et bien que nous adhérons pleinement au plan de Dieu au travers de la soumission, il y aura encore des moments où nos mots et nos attitudes ne seront pas en phase avec ce que nous croyons. Mais heureusement, Dieu fait grâce.

Il nous convainc avec douceur et nous rappelle avec amour quand nous nous éloignons de ses voies. Il veut le meilleur pour nous. Il connaît la bénédiction qui vient d’un esprit doux et paisible, et cette grâce intérieure qui garde notre âme dans la paix, peu importe ce qui se passe autour de nous.

Quand nous tournons nos regards vers lui, il nous fait grâce et pare notre homme caché dans le coeur de mille joyaux précieux à ses yeux.

Article traduit par Daniel Zuwala. © 2018 Desiring God Foundation. Site web : DesiringGod

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