Suis-je vraiment chrétien ?

Peu de questions peuvent être aussi effrayantes pour les croyants, et peu de personnes ont été aussi utiles que John Newton (1725-1807) pour expliquer aux chrétiens troublés comment Dieu fait grandir l’assurance du salut dans la vie des chrétiens.

Dieu aime donner à ses enfants le don de la « pleine certitude de foi » (Hébreux 10:22). C’est une chose précieuse ainsi que la source d’une profonde paix et consolation et que Dieu veut que nous possédions.

Mais comme la plupart des choses dans la vie chrétienne, l’assurance est quelque chose qui se cultive et qui gagne en profondeur et en intensité dans la durée. Selon Newton, c’est un don que Dieu nous donne progressivement au travers de nombreuses épreuves.

L’assurance grandit au travers de conflits répétés, au travers de suite d’expériences personnelles répétées des preuves de la puissance du Seigneur et de sa volonté à nous sauver. C’est quand nous sommes tombés bien bas et que nous avons été ensuite aidés, quand nous avons été blessés et que nous avons ensuite été guéris, quand nous avons été jetés à terre et que nous avons ensuite été relevés, quand nous avions abandonnés tout espoir et que nous avons ensuite été miraculeusement sauvés, c’est quand ces choses se sont répétés de multiples fois dans nos vies que nous commençons à apprendre à avoir simplement confiance dans la parole et dans la puissance de Dieu envers et contre toutes les apparences. C’est cette confiance, quand elle est habituelle et stable, qui porte le nom de l’assurance des saints. Car même l’assurance des saints peut avoir des degrés de maturité différent. (Newton on the Christian Life, 220)

En d’autres termes, la manière que Dieu utilise pour faire grandir ce si précieux don de l’assurance en nous est en nous faisant passer par des épreuves nombreuses et variées. C’est un processus qui est volontairement difficile. Les épreuves sont le moyen par lequel la foi est éprouvée, raffinée et renforcée. C’est pourquoi Jacques écrit, « Frères, regardez comme le sujet d’une parfaite joie les diverses tentations qui vous arrivent, sachant que l’épreuve de votre foi produit la patience » (Jacques 1:2-3).

L’assurance grandit au travers de conflit spirituel

C’est pourquoi aussi Paul écrit, « Nous nous glorifions même dans les afflictions, sachant que l’affliction produit la patience, et la patience la vertu éprouvée, et la vertu éprouvée l’espérance » (Romains 5:3-4).

Tout comme l’auteur de l’épître aux Hébreux nous le rappelle,

Si vous souffrez le châtiment, Dieu se présente à vous comme à des fils ; car quel est le fils que son père ne châtie pas ? Mais si vous êtes exempts du châtiment auquel tous ont part, vous êtes donc des enfants illégitimes, non des fils légitimes. (Hébreux 12:7-8)

Le fait de passer par des épreuves et des souffrances est une preuve que nous sommes des enfants de Dieu. Et bien que « tout châtiment ne paraît pas sur le moment un sujet de joie, mais de tristesse ; […] ensuite il produit un fruit paisible de justice pour ceux qui ont été ainsi exercés » (Hébreux 12:11).

Un des fruits de « la justice de Dieu par la foi » (Philippiens 3:9) qui nous amène de la paix et de la consolation se trouve être l’assurance. C’est un fruit qui grandit progressivement.

Pourquoi Dieu donne-t-il l’assurance de cette manière ?

Pourquoi Dieu a-t-il prévu de faire grandir notre assurance en passant par de nombreuses épreuves ? Newton apporte cette réponse :

Nous ne pouvons pas recevoir l’assurance du salut tant que nous n’avons pas reçu la connaissance de combien notre coeur est mauvais et tortueux. Or cette connaissance ne peut s’acquérir que par des expériences répétées et douloureuses. (222)

Tout comme Pierre qui a affirmé avec plein de confiance qu’il ne nierait jamais Jésus pour le faire quelques heures plus tard, en tant que jeunes croyants nous ne réalisons pas combien notre nature pécheresse est puissante et combien notre foi est faible. Nous ne connaissons pas à quel point nous sommes orgueilleux et confiants en nous-mêmes. C’est au travers d’épreuves intenses que nous voyons nos doutes, nos peurs, nos anxiétés, notre colère, notre jalousie, notre amertume, notre ambition, notre crainte de l’homme, et bien plus encore, remonter à la surface. Et quand nous voyons toutes ces horribles choses en nous, nous pouvons craindre que notre foi ne soit pas réelle.

Et c’est exactement ce que Dieu veut qu’il se passe. Car quand nous voyons tous ces horribles péchés en nous et que nous nous sentons totalement impuissants face à eux, cela nous mène par désespoir à nous confier uniquement dans l’oeuvre de Christ à la croix. Quand nous voyons en nous-mêmes toutes ces innombrables faiblesses et que nous ressentons notre incapacité à les surmonter, cela nous pousse à chercher et à nous confier uniquement dans les promesses que Christ a pour nous.

Nous ne pouvons avoir aucune assurance dans les dons, le travail, le service ou les expériences passées, sans avoir au préalable expérimenter la puissance, la compassion et la fidélité de notre glorieux Sauveur. (234)

C’est au travers de diverses épreuves douloureuses que nous apprenons à avoir confiance en Christ pour chaque chose afin de véritablement vivre « dans la foi au Fils de Dieu » (Galates 2:20).

Et ainsi Dieu fait grandir en nous l’assurance de la foi et nous fait goûter au joyeux et reposant fruit de la justice au travers des épreuves. Il veut que notre foi repose sur le roc qu’est Jésus-Christ, afin que « nous n’ayons point de confiance en nous-mêmes, mais en Dieu qui ressuscite les morts » (2 Corinthiens 1:9). Car, comme le dit Newton,

Nous ne sommes jamais autant en sécurité et nous n’avons jamais autant de raisons d’espérer en Dieu que quand nous sommes absolument persuadés que nous ne pouvons absolument rien faire sans lui.

C’est le paradoxe de l’assurance.

Au travers de nombreux dangers, de nombreuses peines et de nombreux pièges

Newton parle de l’assurance du salut de par sa propre expérience. Il nous dit :

Par compassion, Dieu m’a souvent bousculé dans mes habitudes, il m’a secoué et m’a poussé à me réfugier en lui, alors que j’étais en train de m’assoupir dans le sommeil et dans la fausse sécurité. (221)

Pour le pasteur Newton, le doux fruit de l’assurance du salut donné par Dieu ressemble beaucoup à ce troisième verset de son célèbre hymne « Amazing Grace » :

Au travers de nombreux dangers, de nombreuses peines et de nombreux pièges,

Je suis déjà passé.

Sa grâce m’a gardé en sécurité jusqu’ici,

Et sa grâce ne manquera pas de me conduire jusqu’au ciel.

Notre assurance du salut ne vient pas d’une confiance subjective que nous pouvons avoir en nous-mêmes, ni de la chaleur des affections que nous pouvons ou avons pu avoir en Dieu à un moment donné. Mais bien au contraire, notre assurance vient d’une confiance toujours grandissante dans l’oeuvre salvatrice de Christ qui a acheté par son sang l’accomplissement de grandes et précieuses promesses (2 Pierre 1:4) et dans sa puissance à y être fidèle.

C’est par une foi plus forte que nous assurance peut grandir. Et cette foi ne se fortifie qu’au travers de nombreuses épreuves répétées.

Article traduit par Daniel Zuwala. © 2018 Desiring God Foundation. Site web : DesiringGod

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