L’une des choses les plus tendances à l’heure actuelle dans le milieu chrétien, et partout ailleurs, est le « bio ». Au niveau du pays, nous dépensons de plus en plus d’argent pour la nourriture bio, pour les oeufs de poules élevées en plein air et pour les boeufs nourris dans les pâturages. Tout produit portant la mention « naturelle » devient alors à nos yeux un meilleur produit, bien que nous ne sachions pas toujours ce qui se cache réellement derrière ce mot. Pour certains, les huiles essentielles sont une alternative à la médecine traditionnelle capable de guérir du simple coup de froid jusqu’à une sévère maladie chronique.

Bien que manger de la nourriture bio et avoir recours à des médecines non traditionnelles peut être profitable, le danger est de développer un sentiment de supériorité. Dans notre désir d’avoir un style de vie plus bio et plus naturel, il est assez tentant de commencer à regarder de haut tous ceux qui ne seraient pas dans la même démarche que nous. Quand notre évangélisation se résume à promouvoir nos propres choix en ce qui concerne la nourriture et la médecine, nous trahissons par là où se trouve notre espoir, et que nous sommes tout proche d’abandonner l’Évangile que nous disons aimer.

Avant toutes choses, laissez-moi vous dire que je n’ai absolument rien contre le fait de manger de la nourriture saine. Je suis entièrement d’accord avec le fait que ce que nous mangeons a un impact significatif sur notre corps et que nous devrions être des gérants avisés de notre corps. Les exercices physiques ainsi qu’une nourriture saine sont quelque chose de profitable (1 Timothée 4:8). Mais ce qui me préoccupe de plus en plus dans nos communautés chrétiennes, c’est que nous soyons suffisamment vigilants afin de ne pas devenir plus passionnés pour convaincre les personnes de manger de la même manière que nous, que nous ne le serions pour les diriger vers Christ.

Des questions discutables

Une de mes amies qui oeuvre chez les femmes me disait récemment avoir reçu des demandes insistantes afin qu’elle puisse mener des études bibliques sur le fait de manger une nourriture saine. Mais la Bible nous dit-elle suffisamment de choses de telle manière que nous puissions faire tout un cours sur ce sujet ? Et plus important encore, avons-nous le droit, en tant que croyants, de dire aux autres quelle type de nourriture est la plus biblique ?

L’épître aux Romains traite spécifiquement de ce sujet au chapitre 14. Les choix que nous pouvons faire à propos de la nourriture ou de la médecine sont exactement ce qu’ils sont – des choix. Toutes ces questions tombent dans cette zone grise qui dans la Bible est connue en tant que « questions discutables ». Paul écrit en Romains 14:1-4,

Quant à celui qui est faible dans la foi, accueillez-le avec bonté, sans discussion d’opinions. L’un croit pouvoir manger de tout ; et celui qui est faible, ne mange que des herbes. Que celui qui mange de tout, ne méprise pas celui qui ne mange pas de tout ; et que celui qui ne mange pas de tout, ne condamne pas celui qui mange de tout ; car Dieu l’a reçu. Qui es-tu, toi qui condamnes le serviteur d’autrui ? S’il se tient ferme, ou s’il tombe, c’est à son maître de le juger ; mais il sera affermi, car Dieu est puissant pour l’affermir.

Nous avons ici un croyant qui se sent la liberté de manger de la viande (alors même qu’elle a été associée avec un rite religieux païen), tandis qu’un autre pense qu’il ne devrait manger que des légumes. Paul affirme que ces choix alimentaires (alors même qu’il s’agit de choses sacrifiées à des idoles !) sont des choix personnels à faire en accord avec notre propre conscience. Une personne n’est pas considérée plus juste ou plus pieuse en raison des restrictions alimentaires qu’elle s’impose ou qu’elle ne s’impose pas. Dieu a reçu ces deux croyants et nous devrions en faire autant.

C’est pourquoi nous devrions nous demander si nous favorisons une atmosphère accueillante quand nous affichons nos opinions tranchées en ce qui concerne la nourriture ou la médecine. Quelle intonation utilisons-nous quand nous expliquons nos choix aux autres ? Sommes-nous en train de repousser les autres par une attitude qui pourrait sembler hautaine sur des sujets qui ne sont que des sujets de choix personnels ?

Où se trouve votre justice ?

Quand nous nous identifions fortement avec un certain style de vie, la tentation est forte de trouver son identité et sa justice dans ce choix personnel. La nourriture, l’instruction des enfants, la vaccination sont des choix personnels qui peuvent facilement devenir notre cause dans la vie. Avec quelle ferveur essayez-vous de convertir les personnes autour de vous à utiliser les mêmes méthodes d’instruction que vous ? Êtes-vous toujours en train de persuader les autres à utiliser les mêmes huiles que vous, tout en regardant de haut la soeur en Christ qui aurait donné à son enfant des antibiotiques pour traiter sa maladie ?

Si nos conversations tournent continuellement autour de ces sujets périphériques, il est temps de se demander si ces sujets ne sont pas devenus trop importants dans nos vies. Si nous sommes constamment en train de communiquer aux autres des informations sur les choses à manger, les traitements à utiliser ou les méthodes éducatives à utiliser, cela devrait un sévère avertissement que nous sommes en train de nous égarer. En tant que chrétiens, nous avons un espoir sur quelque chose qui dépasse de loin toutes ces questions discutables.

Notre seule grande cause

Ce n’est uniquement qu’en Christ que nous trouvons la vraie sagesse, un réel espoir et une guérison complète. Ce sont ses paroles, ses promesses et ses vérités que nous devrions être les plus désireux à partager aux autres, et non pas les dernières études qui iraient dans le sens de nos propres choix familiaux.

Soyons connus pour ce dont les chrétiens devraient être connus : un espoir inébranlable et une confiance dans la puissance de Christ pour changer les vies – quel que soit ce que vous pouvez manger au petit-déjeuner.

Article traduit par Daniel Zuwala. © 2018 Desiring God Foundation. Site web : DesiringGod

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