Mon mari et moi étions habillés de manière décontractée, en short et vêtement de sport. Il n’y avait pas programme, aucun diplôme n’allait être remis, mais avec quelque membre de la famille rassemblé dans le salon, nous étions en train de célébrer la fin du cycle secondaire de notre fils via l’instruction en famille.

En fait, il y avait quand même un petit programme, chacun a pris la parole pour partager l’un de ses moments préférés avec Quentin durant ces années. Il s’est trouvé que je suis passé en dernier. Et tandis que j’écoutais les autres, je réfléchissais à ce que je pouvais dire. Qu’est-ce qui ressortait le plus de ces années ? Quand mon tour arriva, une pensée s’imposa à moi — la fidélité de Dieu.

J’ai alors raconté à mon fils comment, depuis l’instant où il est né, Dieu l’a utilisé pour nous conduire dans sa volonté pour notre famille, même quand je ne la voyais pas, et même malgré le fait que je ne la voyais pas.

Je n’avais pas prévu d’être une maman à la maison

Être une mère au foyer n’est pas quelque chose que j’avais planifiée. La pensée ne m’avait jamais traversée l’esprit. J’ai été élevée dans la région de Washington DC, fille unique d’une mère divorcée qui m’a appris l’importance d’avoir une bonne éducation et de faire une bonne carrière afin de pouvoir vivre en toute indépendance s’il le fallait.

J’ai pris ses paroles à coeur. J’ai obtenu un diplôme de juriste, fait un stage auprès d’un juge fédéral, et décroché un poste d’associé dans un bon cabinet d’avocat dans le Wisconsin. C’est alors que Jésus m’a attirée à lui. J’ai entendu l’évangile pour la première fois dans le Wisconsin, je lui ai donné ma vie, et j’ai commencé à me plonger dans un Livre que je n’avais jamais lu.

Deux ans plus tard, mon mari Bill et moi célébrions la naissance de notre premier enfant Quentin. J’ai alors pris un congé maternité de quatre mois durant lequel des choses ont commencé à remuer en moi. Pour la première fois, j’envisageais de faire ma vie différemment. Pour la première fois, la maison me semblait attrayante. Passer des matinées tranquilles avec mon nouveau-né, le bercer, s’ébahir devant ses sourires, me réjouir de ses premiers pas, de ses premiers mots — étais-je folle de vouloir vivre de cette manière ?

La graine était semée et continua son chemin lors de mon premier jour de retour de congé maternité. Quentin refusa alors de boire le biberon de lait que j’avais tiré. Malgré les tentatives de mon mari Bill, il était déterminé à se laisser mourir de faim. Quand Bill me donna de ses nouvelles, mon coeur était déchiré. Je suis repartie à la maison au plein milieu de la journée afin de le nourrir, me persuadant qu’avec le temps, tout cela s’ajusterait.

Mais j’avais conscience qu’il s’agissait bien plus que le simple fait de le nourrir. Nous avons commencé à prier sur ce sujet, et quelques temps plus tard je réduisais mes heures — le premier pas avant de quitter définitivement mon travail.

J’ai prié Dieu pour qu’il ne m’appelle pas à faire l’instruction en famille

Puis vint le moment où j’ai prié Dieu pour qu’il ne me demande pas de faire l’école à la maison. Nous avions alors un fils et une fille et nous vivions à Dallas. J’avais rencontré une mère qui faisait l’instruction en famille, et quand elle avait commencé à me raconter ses journées, ma tête s’était mise à tourner dans tous les sens. De plus, nous allions déménager à Saint Louis et mettre les deux enfants à l’école (Quentin en primaire et ma fille en maternelle). J’aurais alors enfin eu du temps pour écrire le livre que je voulais faire. Je pourrais enfin profiter d’être au foyer pour avoir du temps pour l’église et pour moi aussi.

Mais Dieu…

Arrivée à Saint Louis, j’ai commencé à entendre parler d’école à la maison partout où j’allais. De manière surprenante, mon coeur n’était plus si fermé à cela. Quentin avait déjà commencé son primaire. En classe il apprenait les sons, bien que lui-même savait déjà lire. Je me suis alors retrouvée à prier Dieu d’être capable de l’instruire à la maison. Et au travers de circonstances que seul Dieu peut faire, Quentin était dès le mois d’octobre en train de faire ses premiers devoirs sur la table de la cuisine.

Il est temps de passer à autre chose

Puis à un certain moment, j’ai déclaré que je n’avais plus la grâce suffisante pour continuer. Après plusieurs années passées à faire l’instruction en famille, nous sentions qu’il était temps qu’il retourne à l’école. Il y retourna donc une année. Mais au début de l’année suivante, il nous fit part du fait qu’il voulait revenir à la maison. J’ai failli m’étrangler. Sa soeur était aussi retournée à l’école cette année-là, et j’avais enfin plus de temps pour écrire, ce qui avait son importance, car de nouveau j’avais des impératifs à respecter. De plus, faire l’école à la maison pour le lycée, comment allais-je y arriver ?

Après beaucoup de prières et de discussions, il est effectivement revenu à la maison. Et dans les trois années qui ont passé, j’ai vu la main de Dieu d’une manière dont je ne l’avais jamais vu auparavant. J’ai vu sa providence. J’ai vu sa provision. Je l’ai vu donner à Quentin une passion pour des sujets qu’il n’aurait jamais pu étudier à l’école comme l’hébreu biblique. J’ai vu Dieu lui ouvrir les portes d’une grande université — notamment à cause des diverses disciplines qu’il a pu travailler à la maison. Et j’ai vu grandir Quentin dans sa connaissance de la parole de Dieu et dans sa relation avec Jésus.

C’était vraiment cela que nous étions en train de célébrer — Jésus. Si j’avais été laissée à moi-même, ces dix-neuf dernières années auraient vraiment été différentes.

Ses voies sont plus grandes

Dans nos vies, nous faisons des plans et nous nous fixons des buts à atteindre — et souvent ce sont de bons plans et de bons buts. Cela peut impliquer un service au niveau de l’église que Dieu a mis sur notre coeur. Mais nous avons une vue limitée. Nous ne connaissons pas le timing de Dieu. Nous ne connaissons pas toujours ses priorités. Et nous ne connaissons pas les multiples circonstances auxquels il travaille et qu’il fait concourir avec la petite vision que l’on peut avoir.

Souvent, ce qu’il nous demande se trouve dans notre coeur, « car c’est Dieu qui produit en vous et le vouloir et le faire selon son plaisir » (Philippiens 2:13). Il nous conduit sur un chemin de sanctification et de renoncement à nous-mêmes, à nos propres plans, à nos propres priorités. Même quand il s’agit d’opportunités dans le service de l’église qui paraissent plus excitantes que ce qui peut être fait à la maison.

Et au travers de tout cela, nous apprenons que Dieu est fidèle. Tandis que nous prions, il nous dirige et parfois même nous redirige. Quand nous le cherchons, il nous fait connaître sa volonté dans la mesure dont nous avons besoin de la connaître. Ce n’est pas un voyage facile, mais tandis que nous le suivons par la foi, nous sommes témoins des plans et des buts de Dieu de manière glorieuse. Notre louange envers lui devient plus profonde alors que nous contemplons cette vérité : ses voies sont plus grandes (Ésaïe 55:9).

Le vrai sacrifice n’est jamais un gâchis. Cela n’a pas été le cas avec Jésus, et ce ne sera pas non plus le cas avec ceux qui sont en lui.

Article traduit par Daniel Zuwala. © 2018 Desiring God Foundation. Site web : DesiringGod

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