Il y a quelques semaines je discutais avec des pasteurs en Angleterre. Malgré le fait que l’Angleterre ait dépassé les États-Unis en ce qui concerne la laïcité, un des pasteurs disait que son développement au cours des dernières années avait eût un nouvel effet sur les personnes dans l’église. Pour de nombreux croyants, le vrai christianisme est tellement éloigné de la culture contemporaine, qu’ils se demandent s’il peut encore y avoir des conversions.

Je pense que c’est un sentiment général. Est-ce que les personnes profondément laïques, avec peu ou pas de connaissance du christianisme, voient les implications morales de suivre Christ tellement inimaginables, qu’ils considèrent le christianisme comme l’équivalent des mythes grecs de Zeus et de Hermés ?

Voici trois perspectives bibliques qui rendent injustifié un tel pessimisme dans l’église.

1. Dieu est toujours à l’oeuvre en libérant des individus des pensées et des raisonnements issus de la culture dominante de l’incrédulité

C’est une erreur de regarder à la « culture » et de présupposer que tous les incroyants sont enfermés dans l’esprit de cet âge. En fait quelqu’un vient juste de perdre un enfant. Quelqu’un vient de découvrir qu’il avait un cancer. Quelqu’un vient de perdre son travail à 55 ans. Quelqu’un vient d’avoir un cauchemar terrifiant à propos de l’enfer. Quelqu’un vient de lire dans sa chambre d’hôtel l’histoire du fils prodigue. Quelqu’un vient juste de décider que sa vie faite de plaisir n’a aucun sens. Un jeune couple vient juste d’avoir une longue conversation sur le manque de principes moraux qu’ils communiquent à leurs enfants. Quelqu’un vient juste de ressentir une vague de culpabilité sur son âme et une prise de conscience qu’il est redevable envers son Créateur.

En d’autres termes, nous faisons une énorme erreur si nous oublions que les personnes sont sauvées en tant qu’individus et non en tant que produits de la « culture ». À n’importe quel moment de la sécularisation de notre société, Dieu est à l’oeuvre de multiples manières pour préparer des individus à entendre l’évangile.

Quand vous prenez le bus, allez à la gym ou allez voir votre enfant lors d’un match de football, les dizaines de personnes présentent ne sont pas cadenassées dans la culture laïque. Il y a des centaines d’autres choses qui se passent dans leurs vies, et vous ne pouvez pas savoir (jusqu’à ce que vous vous y intéressiez) si cinq de ces facteurs sont en train de les désenchanter de cette même culture dont vous croyez qu’ils sont prisonniers. Ne pensez pas aux personnes en tant qu’échantillon de la culture. Pensez à eux en tant qu’individu que la Providence pourrait bien mener à la repentance (Romains 2:4).

Prenez courage en regardant le Nouveau Testament qui à la fois nous décrit de manière générale une culture qui se perd, mais qui décrit de manière précise des conversions individuelles. Paul savait qu’il entrait en territoire ennemi à chaque fois qu’il allait dans une nouvelle ville. Le prince de la puissance de l’air était en train d’agir dans les fils de la rébellion (Éphésiens 2:2). Le « dieu de ce siècle » aveuglait les incroyants (2 Corinthiens 4:4). C’était un « siècle corrompu » (Galates 4:1). Pierre décrivait également ce monde comme marchant dans « les impudicités et les convoitises, l’ivrognerie, les excès du manger et du boire, et les idolâtries criminelles » (1 Pierre 4:3). Aucune de ces descriptions ne semble a priori favorable à une possible évangélisation.

Mais nous y voyons cependant des conversions extraordinaires dans cet âge sombre, des personnes telles que :

  • Zachée, ce voleur, ce collecteur d’impôts qui veut de manière étrange absolument voir Jésus (Luc 19:1-8).
  • Jeanne, femme de Chouza, intendant d’Hérode (Luc 8:3).
  • L’eunuque éthiopien qui était en train de lire Ésaïe 53 quand Philippe l’a croisé (Actes 8:26-40).
  • Cornélius, un militaire romain qui craignait Dieu et que Dieu a été chercher par l’intermédiaire d’une vision surprenante (Actes 10).
  • Saul, qui a participé au meurtre d’Étienne et qui était plein violence et de meurtre envers les chrétiens (Actes 9).
  • Sergius Paulus, un homme intelligent, proconsul de Cypre.
  • Une esclave possédée par un démon (Actes 16:16-18).
  • Un geôlier romain (Actes 16:25-34).
  • Et de manière surprenante, des personnes de la maison même de César (Philippiens 4:22).

Dieu sauve des individus. Aucun d’entre eux n’est simplement le produit d’une culture sensuelle ou séculière. Dieu est à l’oeuvre pour libérer des milliers et des milliers de personnes prisonnières des médias ou de l’hégémonie culturelle ambiante.

2. Une animosité de la part du monde laïque est peut-être le prélude à un réveil

En d’autres termes, ne pensez pas que la réponse négative que vous donne une personne à la vérité que vous mettez sous ses yeux soit forcément son dernier mot.

L’apôtre Pierre savait que cela n’était pas toujours le cas. Ayez « une conduite honnête parmi les Gentils, afin qu’au lieu qu’ils médisent de vous, comme si vous étiez des malfaiteurs, ils glorifient Dieu au jour de la visitation, en voyant vos bonnes oeuvres » (1 Pierre 2:12). Premièrement ils médisent de vous comme si vous étiez des malfaiteurs, et ensuite ils glorifient Dieu en voyant vos bonnes oeuvres. Il y a un laps de temps entre ces deux actions. Par exemple, quelqu’un peut mal parler de vous à cause de votre opinion sur l’homosexualité, puis ensuite réaliser que vous n’êtes pas mauvais après tous, mais effectivement un serviteur des plus faibles.

Encore une fois Pierre dit, « [ayez] une bonne conscience, afin que ceux qui blâment votre bonne conduite en Christ, soient confondus dans ce qu’ils disent contre vous, comme si vous étiez des malfaiteurs » (1 Pierre 3:16). Ainsi, une personne commence par vous blâmer parce que vous êtes chrétiens. Cela semble sans espoir de conversions. Mais ce n’est pas le cas. Elle peut, par la grâce de Dieu, être confondue par votre bonne conduite.

Qu’est-ce qui fait la différence ? La volonté de Dieu. « Car il vaut mieux souffrir, si telle est la volonté de Dieu, en faisant le bien qu’en faisant le mal » (1 Pierre 3:17). « Que ceux donc qui souffrent par la volonté de Dieu, lui recommandent leurs âmes, comme à un Créateur fidèle, en faisant le bien » (1 Pierre 4:19. La souveraineté de Dieu n’est pas une fatalité, mais une source d’espoir que les personnes laïques passeront de la médisance à la confusion, pour finalement arriver à la foi. Cela arrivait dans le premier siècle une personne à la fois, et cela arrivera également dans notre époque.

3. Il n’est pas plus difficile pour Dieu de ressusciter des morts spirituels dans une Amérique Post Chrétienne, que cela ne l’était dans l’Amérique Puritaine. Un mort est un mort.

« Mais Dieu, qui est riche en miséricorde à cause de la grande charité dont il nous a aimés, lorsque nous étions morts dans nos fautes, nous a rendus à la vie ensemble en Christ, (c’est par grâce que vous êtes sauvés) » (Éphésiens 2:4-5). Les calvinistes devraient être les personnes les plus remplies d’espoir dans cette époque qui nous paraît impossible pour l’évangélisation.

Nous croyons que le jeune homme riche était désespérément enchaîné à son argent. Seul un miracle dû à la grâce souveraine de Dieu pouvait l’amener à la foi. Jésus disait que la conversion de cette personne était comparable à un chameau qui passerait dans le chat d’une aiguille. Ses disciples avaient alors répondu : « Qui peut être sauvé ? » Ce à quoi Jésus répondit : « Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu » (Luc 18:26-27). Avoir la foi est une chose impossible pour une personne spirituellement morte, que ce soit dans cette génération ou dans n’importe quelle autre génération. Mais ce n’est pas impossible pour Dieu.

La différence entre la vue calviniste du salut et d’autres vues est que le calviniste croit que Dieu est l’acteur principal dans la création de la foi. Alors que les autres croient que Dieu « influence », ou « donne un coup de pouce », ou « invite », ou « pousse » la volonté humaine vers la foi. Mais une des caractéristiques essentielles du calvinisme est la croyance que Dieu peut et Dieu vient à bout que toute résistance dans ses élus, et créée dans leurs coeurs le don de la foi. Il n’est pas juste une cause, mais la cause décisive. Nous le ne sommes pas.

Ainsi, il n’est pas plus compliqué pour Dieu de sauver des personnes aujourd’hui que cela ne l’était dans le passé. Ce désespoir pour l’évangélisation et cette lâcheté face à un monde séculier n’a pas sa place dans l’église parce que :

  • Dieu est toujours à l’oeuvre en libérant des individus des pensées et des raisonnements issus de la culture dominante de l’incrédulité.
  • Une animosité de la part du monde laïque est peut-être le prélude à un réveil.
  • Il n’est pas plus difficile pour Dieu de ressusciter des morts spirituels dans une Amérique Post Chrétienne, que cela ne l’était dans l’Amérique Puritaine.

Article traduit par Daniel Zuwala. © 2018 Desiring God Foundation. Site web : DesiringGod

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