L’ironie de la quête de l’égalité

Mes amis facebook vont immédiatement me quitter et me considérer comme un fanatique rien qu’à cause du titre de cet article. La plupart d’entre eux ne prendront même pas la peine de lire ce que j’ai à dire parce qu’ils sont déjà parvenus à leur conclusion, soupçonnant que je suis du mauvais côté du mariage pour tous. C’est là qu’est l’ironie, une ironie que nous devons comprendre.

Le préjugé

Au coeur de cette ironie se trouve le préjugé. Selon le dictionnaire, le préjugé est une opinion préconçue qui n’est pas basée sur la raison ou sur une expérience réelle. Le préjugé est l’ennemi de l’égalité parce que c’est un jugement a priori porté sur une personne uniquement à cause de la couleur de sa peau, de sa religion, de son sexe ou de son orientation sexuelle. Si vous voyez un Afro-Américain marcher dans la rue et que vous pensez automatiquement que c’est un violent gangster, c’est un préjugé. Si vous voyez un musulman et que vous pensez que c’est un terroriste, c’est un préjugé. Si vous vous opposez au mariage gay et que vous êtes immédiatement taxé de fanatique, c’est un préjugé.

Le préjugé est quelque chose de mal et montre très souvent une profonde ignorance. Malheureusement les chrétiens en sont souvent coupables. Les chrétiens ont-ils eu des préjugés sur les gays et les lesbiennes ? Absolument. Avons-nous besoin de nous repentir de ces préjugés ? Absolument. Chaque homme et chaque femme ont été créés à l’image de Dieu et sont profondément aimés par lui, peu importe leur orientation sexuelle. Les chrétiens n’ont aucun droit de maltraiter les gays et les lesbiennes parce que nous savons qu’en dehors de la grâce de Dieu, nous sommes tous coupables devant lui, aussi coupables que n’importe qui d’autre.

Mais maintenant les rôles sont inversés. Les chrétiens sont devenus la cible des préjugés. Si nous nous opposons au mariage homosexuel, nous sommes forcément des fanatiques.

Comment est-ce que cela est arrivé ?

Le mariage pour tous

Les partisans du mariage pour tous ont fait deux choses extrêmement intelligentes. Premièrement, ils ont utilisé le mot, « pour tous ». Qui pourrait être contre ce principe d’égalité ? Uniquement des fanatiques. Ainsi, si vous êtes du mauvais côté de « l’égalité », vous êtes forcément des fanatiques.

Un fanatique, nous dit le dictionnaire, est une personne qui a des croyances ou des opinions très fortes et déraisonnables au sujet de la religion, de la politique, des races et qui n’écoutera pas ou n’acceptera aucune opinion contraire. En d’autres termes, un fanatique est une personne qui a de forts préjugés. Aussitôt que le terme « égalité » a été introduit dans la discussion, la quête du mariage pour tous a été mise au même rang que les droits de l’homme, l’ouverture du droit de vote aux femmes et autre quête égalitaire. Toute personne qui s’opposerait à cela serait tout simplement dans l’erreur. Fin de l’histoire.

La deuxième chose intelligente que les partisans du mariage pour tous ont faite a été de poser une question faussement innocente. En posant la question du mariage homosexuel, et en le qualifiant déjà de mariage, ils étaient déjà parvenus à leur fin. Nous étions alors seulement en train de débattre si le mariage homosexuel devait être égal au mariage hétérosexuel. Une fois la discussion engagée dans ce sens, il était alors impossible de s’opposer à l’idée d’un mariage homosexuel et de gagner.

La vraie question est « Devrions-nous redéfinir ce qu’est le mariage ? ». Là est la question fondamentale puisque le mariage a toujours été vu comme l’union exclusive entre un homme et une femme.

Les partisans du mariage pour tous ont été suffisamment intelligents de ne pas entrer dans cette redéfinition du mariage parce qu’elle aurait sûrement rencontré une opposition bien plus grande qu’en mettant simplement en avant le mot « égalité ». Ainsi, en posant la question du mariage pour tous, nous avions dès lors perdu le débat puisque l’on supposait déjà que l’union homosexuelle était un mariage.

Le nouveau préjugé

Ces idées ont tellement bien fonctionné que le monde ne peut plus voir l’ironie. Si vous vous opposez au mariage gay, vous êtes un fanatique. Il n’y a aucune raison de penser autrement puisque la discussion a été menée sur le terrain de l’égalité, plutôt que sur le terrain de la redéfinition d’une institution sociale établie. Le préjugé est maintenant de l’autre côté. Sans même considérer les arguments contraires, les personnes ont un avis négatif sur les chrétiens à cause de leurs opinions contraires. Là se trouve le préjugé.

De manière ironique, ceux qui disent que les chrétiens sont fanatiques ont en fait un comportement fanatique. Et pas seulement contre les chrétiens, mais contre tous ceux qui émettraient des réserves sur « le mariage pour tous ». Car il n’y a pas forcément besoin d’être chrétien pour voir les problèmes que cela pose. Rappelez-vous qu’un fanatique est une personne qui a des croyances ou des opinions très fortes et déraisonnables et qui n’écoutera pas ou n’acceptera aucune opinion contraire. La société actuelle n’écoute même plus les points de vue alternatifs. Là se trouve l’ironie.

Le vieux préjugé

Que les chrétiens fassent face à des préjugés n’est en rien nouveau en soi. Les premiers chrétiens ont dû y faire face dans l’Empire romain. L’apôtre Pierre encourageait alors ses lecteurs à se conduire d’une manière honorable parmi les païens « afin qu’au lieu qu’ils médisent de vous, comme si vous étiez des malfaiteurs, ils glorifient Dieu au jour de la visitation, en voyant vos bonnes oeuvres » (1 Pierre 2:12). Remarquez les mots employés par Pierre, « [quand] ils médisent de vous, comme si vous étiez des malfaiteurs ». Comment de véritables chrétiens pourraient-ils être vus comme des malfaiteurs ?

Les Romains pensaient que les chrétiens détestaient la race humaine (comme nous le raconte l’historien Tacitus), qu’ils avaient des comportements incestueux parce qu’ils se mariaient avec leurs « frères et soeurs » et qu’ils étaient des cannibales parce qu’ils mangeaient le corps et le sang de Christ. Toutes ces choses étaient manifestement dues à une bien mauvaise compréhension des chrétiens. Mais l’exhortation de Pierre est que le monde puissent les connaître. La seule solution aux préjugés est la connaissance. Comme un de mes amis disait, « C’est difficile de diaboliser quelqu’un que tu connais bien ».

Nous sommes maintenant les cibles de préjugés irrationnels mais nous ne devrions pas pour autant désespérer ou nous retirer dans notre coin. Une opposition non justifiée n’est pas quelque chose de nouveau pour les disciples du Christ crucifié. Nous sommes appelés à supporter cette souffrance en suivant son exemple (1 Pierre 2:21-25). Autant qu’il est en notre pouvoir laissons ceux qui nous calomnient mieux nous connaître. Si vraiment nous sommes des disciples de Christ, connaître qui nous sommes réellement permettra de dissiper tous ces préjugés au fur et à mesure.

Article traduit par Daniel Zuwala. © 2018 Desiring God Foundation. Site web : DesiringGod

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