Actuellement je suis en train de préparer l’enterrement d’un bon ami. Une autre victime du cancer. Un autre effet de la Chute. Un autre rappel de la fin d’une chose si extraordinaire qu’aucune langue des hommes ou même des anges ne peut parfaitement exprimer : la vie humaine. Une vie humaine ordinaire.

Mais en réalité, il n’existe pas de vie humaine ordinaire. C’est une expression inappropriée, un oxymore colossal. Penser qu’une vie peut être ordinaire montre à quel point nous sommes trompés et révèle que nous sommes incapables de voir la vraie beauté de la vie. Nous sommes rapidement lassés des couchés de soleil, nous trouvons que le vent est gênant, et regarder l’herbe pousser est ennuyeux. C’est quelque chose d’étrange que nous trouvions les morts violentes dans les films plus excitantes que cette vie qui surgit miraculeusement après qu’on ait enterré une graine, qui se fraie un chemin à travers le sol, qui se nourrit de la lumière du soleil, et qui grandit pour être cette herbe verte qui remplit tant de paysage auquel nous pouvons assister 24h sur 24.

« Les jours de l’homme sont comme l’herbe ; il fleurit comme la fleur des champs » (Psaume 103:15). Peut-être est-ce pour cela que nous trouvons la vie des hommes ennuyeuse et ordinaire. Regarder la vie d’un homme, c’est comme regarder l’herbe grandir.

L’herbe sèche

Mon ami était comme l’herbe. Mais il trouvait la vie de l’herbe moins ennuyeuse que la plupart d’entre nous, car pendant une grande partie de sa vie il était fermier. Année après année, il labourait le sol, il plantait des graines et il regardait cette vie s’épanouir lentement. Il a connu l’angoisse et la tragédie des orages, de la sécheresse et des maladies. Il savait que les fleurs et les champs étaient à la fois étonnamment résistants et tellement fragiles.

Mon ami était comme l’herbe. Sa vie était d’une beauté sans prétention. Dans le paysage de la réalité, vous ne l’auriez sans doute pas remarqué à moins que vous ne preniez le temps de regarder attentivement. Il était doux et tranquille. Il se déplaçait lentement, au rythme des saisons. C’était un véritable poème en mouvement. Mais nous, ces occidentaux frénétiques du 21e siècle, qui avons pour la plupart perdu cette patience requise pour la poésie, nous l’aurions trouvé trop lent à notre goût.

Il est venu à Christ quand il était jeune, a aimé fidèlement une femme pendant quarante ans, a élevé fidèlement des enfants, chacun d’eux partageant maintenant sa foi. Et il partageait fidèlement sa foi avec quiconque était prêt à l’entendre, mais beaucoup ne l’était pas. Même dans le soir de sa vie, alors que son corps semblable à l’herbe était en train de faiblir, les infirmières purent entendre son espérance dans le soleil de la justice, dans l’étoile du matin, qui nous donne la possibilité, malgré la mort, de vivre cette vie éternelle où l’herbe de Dieu ne se flétrit plus (Psaume 90:5-6 ; Malachie 4:2 ; Jean 11:25-26 ; 1 Pierre 3:16 ; Apocalypse 21:4 ; Apocalypse 22:16).

Mon ami était comme l’herbe. L’herbe peut sembler pousser lentement, mais en réalité sa vie est brève. Le vent du cancer a soufflé sur lui et maintenant il est parti (Psaume 103:16). Il a connu la honte de la mort, et cette semaine, nous allons mettre en terre les restes de cet homme doux, comme on mettrait en terre une graine dans le sol.

Mais ne vous y trompez pas : il va effectivement être semé. Car c’est cela le coeur de l’espérance chrétienne et l’espérance qui était au coeur de l’âme de mon ami. Ce qui est semé périssable, ressuscitera impérissable. Ce qui est semé faible et infirme, ressuscitera plein de force. Ce qui est semé naturel, ressuscitera spirituel (1 Corinthiens 15:42-44).

Le moment où l’herbe s’épanouira pour toujours

Le jour vient où nous reconnaîtrons que l’histoire fabuleuse de cet homme doux, semblable à l’herbe, a été bien plus excitante que le plus grand des romans ou des films les plus réussis. Nous nous émerveillerons de notre insensibilité passée et de ce que nous avions pu considérer cette vie comme ordinaire.

Un jour, la malédiction sera brisée et nous n’aurons plus la patience de regarder ces scènes de meurtre à l’écran qui ont capturé l’imagination de tant de personnes. Nous n’aurons plus la capacité de trouver divertissantes ces faibles images. Tout cela sera fini, alors que nous serons face à la gloire indescriptible de voir cette herbe qui a été semée dans le sol, ressusciter à la lumière de l’Étoile éternelle.

Article traduit par Daniel Zuwala. © 2018 Desiring God Foundation. Site web : DesiringGod

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