Nous pensons savoir ce qui va arriver, mais bien souvent nous n’en avons pas la moindre idée.

Les Écritures nous enseignent que ce que nous voyons dans ce monde ne reflète qu’une partie de l’histoire. Il existe une tout autre dimension à la réalité qui a un lien direct et très puissant sur notre monde, mais qui est aussi largement au-delà de notre perception. L’apôtre Paul le décrit de cette manière :

Car ce n’est pas contre la chair et le sang que nous avons à combattre, mais contre les principautés, contre les puissances, contre les princes des ténèbres de ce siècle, contre les puissances spirituelles de la méchanceté dans les lieux célestes. (Éphésiens 6:12)

Savez-vous ce qui est à votre poursuite ?

À de nombreuses reprises, les chrétiens ont cité la première phrase de ce verset pour se rappeler que les hommes qui nous entourent ne sont pas nos principaux adversaires. Et cela est bien évidemment vrai. Mais la suite du verset n’est pas à prendre à la légère et elle est lourde de sens. Nous sommes engagés dans un combat contre les puissances spirituelles qui gouvernent le monde dans lequel nous vivons. Des puissances face auxquelles nous sommes impuissants, tout du moins si nous sommes laissés à nous-mêmes. Prenons-nous vraiment cet ennemi au sérieux ?

Dans l’adaptation de Peter Jackson du roman de Tolkien « La communauté de l’Anneau », après que Frodon le hobbit ait fait sa première rencontre avec un Nazgûl, il rencontre Grand Pas (qui deviendra le roi Aragorn). Grand Pas demande alors à Frodon, « Êtes-vous effrayés ? ». Frodon répond : « Oui. » Ce à quoi Grand Pas lui répond, « Pas autant effrayé qu’il le faudrait. Je sais ce qui vous poursuit. »

Savez-vous ce qui vous poursuit (1 Pierre 5:8) ?

Satan a demandé à vous cribler

Les disciples ont découvert ce qui les pourchassait et quels étaient leurs propres ressources face à lui la nuit où Jésus fut trahi. Jésus les avait avertis de ce qui allait arriver. Dans la chambre haute, il s’était tourné vers Pierre, et dans un moment de compassion mêlé d’angoisse, il lui avait dit :

« Simon, Simon, voici, Satan a demandé à vous cribler comme le froment. » (Luc 22:31)

Prenez le temps de bien peser ces mots : « Satan a demandé à vous cribler ». Le mot grec pour « vous » dans le verset 31 est bien au pluriel. Satan n’en avez pas juste après Pierre. Il en avait après tous les disciples. Il voulait tous les remplir de terreur.

Les disciples avaient un Adversaire — une principauté, une puissance, un prince des ténèbres de ce siècle, une puissance spirituelle de la méchanceté — qui a demandé à Dieu de le laisser les passer au crible. Et Dieu a donné la permission à Satan de le faire. Les disciples n’avaient aucune idée de ce qui se passait derrière tout ce qu’ils pouvaient voir avec leurs yeux.

Je ne sais pas pour vous, mais je trouve cela déroutant et étourdissant. Satan, dont la Bible nous dit qu’il accuse les chrétiens devant Dieu jour et nuit (Apocalypse 12:10), peut faire des demandes à Dieu, et parfois Dieu les lui accorde. Nous voyons également cette réalité dans les chapitres un et deux du livre de Job. Et quand Satan voit sa requête acceptée, comme avec Job, c’est tout l’enfer qui se déchaîne contre les croyants. Ses attaques peuvent prendre la forme d’ennemi de chair et de sang, ou de désastre naturel, ou de maladie physique.

Êtes-vous prêts à affronter cela ?

Ne vous surestimez pas

C’est une chose dangereuse que de sous-estimer la puissance du diable ou de surestimer notre capacité à l’affronter. Quand Jésus a dit à Pierre que Satan allait venir à sa poursuite et à celle de ses compagnons, Pierre a répondu,

« Seigneur, je suis tout prêt à aller avec toi, et en prison et à la mort. » (Luc 22:33)

Pierre avait un esprit volontaire, mais il ne connaissait pas à quel point sa chair était faible (Matthieu 26:41). Cependant, Jésus le savait et avait répondu à Pierre,

« Pierre, je te le dis, le coq ne chantera point aujourd’hui, que tu n’aies nié trois fois de me connaître. » (Luc 22:34)

D’un point de vue humain, Pierre n’était pas une poule mouillée. Cet homme avait tout quitté pour suivre Jésus (Marc 10:28). Il avait eu assez de cran pour essayer de marcher sur l’eau (Matthieu 14:29). Il avait également vu la transfiguration de Jésus (Marc 9:2). Il serait sage de notre part de ne pas présumer que nous tenons la comparaison avec lui. Si Pierre a été suffisamment pressé par Satan pour qu’il renie Jésus, il n’y a aucun doute que nous pourrions l’être également. Sans la protection de Jésus, nous n’avons aucune chance de résister à de telles puissances spirituelles.

La protection des prières de Jésus

Face aux attaques de Satan, Pierre a découvert qu’il n’avait qu’un seul espoir. Jésus lui avait dit,

« Mais j’ai prié pour toi, que ta foi ne défaille point. Toi donc, quand tu seras converti, affermis tes frères. » (Luc 22:32)

Il est intéressant de remarquer que Jésus s’adresse maintenant de manière particulière à Pierre, comme nous le confirme le grec, contrairement au « vous » du verset 31. « J’ai prié pour toi, Pierre ». Jésus savait que Pierre allait le renier purement et simplement, et ce de manière répétée. Pierre allait devoir faire face à une grave crise de foi. Il allait découvrir qu’il avait besoin de bien plus qu’une bonne dose de confiance en soi pour affronter les attaques du diable. Mais Jésus avait prié pour Pierre, et ainsi la foi de Pierre n’allait pas être complètement anéantie. Sa foi allait être soutenue, restaurée et renforcée.

Comme Pierre, notre unique espoir de passer au travers des attaques des ténèbres oppressantes de ce siècle se trouve dans les prières de Jésus. Et nous avons toutes les raisons d’espérer, car Jésus « peut sauver parfaitement ceux qui s’approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur » (Hébreux 7:25). C’est cette intercession qui nous assure que par sa grâce toute-puissante nous allons tenir (Romains 5:2).

Revêtez-vous de l’armure, prenez l’épée de la Parole et priez en tout temps

Cependant Jésus ne nous demande pas simplement d’être passif. Il veut que nous engagions le combat contre notre puissant Adversaire, contre les puissances célestes avec la force qu’il nous donne (1 Pierre 4:11). Au travers des écrits de Paul, nous pouvons comprendre comment Jésus nous équipe pour cette bataille. Nous découvrons alors que nous avons une armure ainsi qu’une épée spirituelle (Éphésiens 6:13-17), et que Jésus s’attend à ce que nous surmontions toutes les attaques du diable (Éphésiens 6:13).

En d’autres termes, nous devons prendre cette réalité des puissances spirituelles de la méchanceté très au sérieux. Quand la Bible nous parle d’ennemi et de guerre, ce ne sont pas des métaphores. Ce sont des choses très réelles. Étant ainsi armés, nous sommes appelés à rester en alerte en demeurant dans la prière, « priant en tout temps par l’Esprit […] et veillant à cela en toute persévérance, et priant pour tous les Saints » (Éphésiens 6:18).

Si nous ne prions pas de cette manière, il est probable que nous ne prenons pas assez ces méchantes forces spirituelles au sérieux. Nous ne connaissons pas vraiment ce qui nous pourchasse. Et comme les disciples, nous n’avons pas conscience à quel point notre chair est faible. Les paroles de Jésus pour nous sont, comme elles le furent pour eux, « Veillez et priez, de peur que vous ne tombiez dans la tentation » (Matthieu 26:41).

Mais si nous nous revêtons de l’armure, que nous prenons l’épée de la Parole et que nous prions en tout temps par l’Esprit, Satan n’aura pas le dessus sur nous et nous ne serons pas ignorants de ses desseins (2 Corinthiens 2:11). Nous serons alors prêts à combattre le bon combat quand il se présentera.

Article traduit par Daniel Zuwala. © 2018 Desiring God Foundation. Site web : DesiringGod

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