La chose la plus dangereuse à propos du lendemain c’est la tentation d’oublier Dieu, de vivre et de parler et d’agir comme si Dieu n’existait pas. C’est le plus grand danger : vivre chaque jour dans la routine, avec nos habitudes journalières, dans notre travail journalier, dans nos relations journalières, surestimant nos capacités et oubliant Dieu.

Nous savons que Dieu existe, mais c’est comme si nous perdions sa trace – un jour, un mois ou plus longtemps encore. C’est un peu comme quand on oublie de vérifier notre site internet favori ou notre Facebook. Nous sommes contents qu’il soit là quand nous avons le temps, mais il ne semble pas spécialement pertinent face à ce que nous avons à faire aujourd’hui à la maison ou demain au travail.

Comment est-il possible que nous – des hommes faibles, pécheurs, mais rachetés – puissions oublier un Dieu tout-puissant et omniscient ? Une des raisons est que pour certains d’entre nous la vie semble relativement stable et prévisible, nous ne sommes pas en situation critique ou désespérée. Ce sont ceux qui éprouvent des difficultés qui ont besoin d’aide. Alors que, « ce ne sont pas ceux qui sont en santé qui ont besoin de médecin » (Marc 2:17). Des journées prévisibles avec des issues prévisibles et des conséquences prévisibles nous rendent insensibles à la puissante incessante et inarrêtable de Dieu qui est à l’oeuvre dans chacune de nos tâches et chacune de ses conséquences.

Une prévisibilité surprenante

La vie est remplie de choses qui sont en apparence prévisibles :

  • Nous mangeons un repas, et nous n’avons plus faim pendant les prochaines heures.
  • Nous faisons les lessives, et nous avons des vêtements propres pour la semaine.
  • Nous écrivons notre rapport à temps, et notre chef nous signe le chèque à la fin du mois.
  • Nous payons nos factures, et nous allons pouvoir profiter de l’électricité et d’internet un mois supplémentaire.
  • Nous mangeons de manière équilibrée et nous pratiquons des exercices, et nous nous sentons en forme.

Alors, pourquoi prier à propos de la nourriture, de la lessive ou pour notre rapport à remettre vendredi soir ?

La plupart d’entre nous sont poussés à prier quand nous ne savons pas ce qui va arriver :

  • Nous prions quand quelqu’un est malade et que nous ne savons pas ce qui ne va pas.
  • Nous prions quand les choses ne vont pas au travail, et qu’il va bientôt y avoir des licenciements.
  • Nous prions quand notre voiture vient de tomber en panne, et que notre budget pour le mois va exploser.
  • Nous prions quand le linge s’amasse et que nous nous sentons totalement dépassés.
  • Nous prions quand nous nous sentons fragiles et désespérés.

Nous courrons vers Dieu quand nous nous sentons incapables, confus et que tout semble hors de notre contrôle.

Voilà pourquoi nous oublions Dieu dans nos routines journalières : nous oublions simplement combien nous sommes fragiles, faibles et complètement dépendants tout le temps pour toutes choses. Comme Démas, Cush ou l’Égypte, il peut être dire de nous, « tu as oublié le Dieu de ton salut, et tu ne t’es point souvenu du rocher de ton refuge » (Ésaïe 17:10).

Futilité

Le contexte dans lequel ils ont oublié Dieu est le même que pour beaucoup d’entre nous, ils étaient dans cette productivité et cette prospérité prévisible. Dieu avait béni le travail de leurs mains, ils en ont mangé le fruit, en se reposant dans le confort et la sécurité que cette productivité semblait leur avoir amenée. Dans ce processus de planter, de récolter et de manger, ils ont oublié celui qui travaille et qui soutient toutes choses (et notamment chacun d’entre eux, et chaque graine qu’ils ont plantée).

C’est pourquoi Dieu leur a envoyé un puissant et douloureux rappel de cette réalité,

« Car tu as oublié le Dieu de ton salut, et tu ne t’es point souvenu du rocher de ton refuge. C’est pourquoi tu te fais des plantations d’agrément, et tu y plantes des provins étrangers. Le jour où tu plantes, tu fais la clôture, et au matin tu fais germer ta semence ; mais, au jour de la jouissance, la récolte a fui, et la douleur est sans espoir. » (Ésaïe 17:10-11)

Les plants qui produisaient chaque année du fruit se sont arrêtés de produire. Les vignes qui donnaient sans faillir de délicieux raisins ont cessé de donner. Les récoltes si prévisibles les ont tous surpris par une soudaine infertilité. Dieu a interrompu cette prévisibilité afin de rappeler à ce peuple fier et rebelle que c’était lui qui contrôlait toutes choses. Dès lors, Dieu s’attendait à ce que chaque travail, chaque résultat, chaque routine soient l’occasion de regarder vers Lui dans la foi et dans l’adoration et non pas à ce qu’ils se complaisent dans leur propre force et leur propre indépendance.

De la même manière, les pécheurs égyptiens dépendaient du Nil pour être une source massive et prévisible de poissons (ÉsaIe 19:5-8). C’était une industrie primaire et vitale pour cette région. Et soudain, les eaux ont commencé à tarir, et les filets sont revenus vides. Auparavant, ils sortaient travailler jour après jour sachant que le poisson serait là, et maintenant ils revenaient les mains vides, affamés et désemparés.

Notre tour de Babel

Ne pensez-vous pas que c’est également un problème de nos jours ? Essayez de mettre un temps à part au milieu de la journée pour prier, ou demander à d’autres croyants de prier avec vous au même moment un jour dans la semaine. Et regardez comment cette tyrannie du travail va vous faire rendre ces quinze ou trente minutes pesantes, inutiles ou inefficaces. Nous construisons encore et encore, nous travaillons encore et encore, sans avoir ce sens de qui est véritablement en charge ou de ce qui se passe réellement. Chaque jour nous construisons notre propre tour de Babel, chaque tâche effectuée étant une autre pierre ajoutée à cet édifice.

John Piper disait, « Quand nous ne voulons pas nous arrêter de travailler pour prier, c’est que nous sommes abreuvés par la productivité contemporaine ». Il se basait sur 1 Pierre 4:7, « Au reste, la fin de toutes choses approche ; soyez donc sobres et vigilants dans les prières ». Afin que nous puissions prier, nous devons être sobres. Quand nous remettons, évitons ou écartons la prière, nous sommes comme abreuvés d’un esprit qui nous fait regarder à notre propre force et nos propres dons. « Je n’ai pas le temps de prier aujourd’hui ». Pour quelqu’un qui est sobre, cette déclaration est une folie.

Priez pour le prévisible

Dieu a frappé les Syriens, les Égyptiens et même son propre peuple afin de les secouer et leur rappeler sa présence, son pouvoir et sa miséricorde. Ils étaient en train de se confier dans les résultats prévisibles de leur propre travail au lieu de s’attendre à ce que Dieu soit celui qui agisse. Les fruits, les légumes, le poisson et tout le produit de leur travail ont pour objectif de produire de la foi et de la joie en Dieu. Au lieu de cela, ils ont remplacé Dieu par une confiance en eux-mêmes et un orgueil dans leur capacité. Alors Dieu les a punis.

Mais il l’a fait par amour :

« L’Éternel frappera les Égyptiens ; il les frappera et les guérira ; ils retourneront à l’Éternel, qui se laissera fléchir par leurs prières, et les guérira » (Ésaïe 19:22)

Dieu a frappé les terres de Syrie et a asséché le Nil. Il a ravagé leurs industries, leurs listes des choses à faire, afin qu’ils puissent retourner vers lui dans la foi et qu’il les guérisse. Dès qu’ils se sont abandonnés à lui et soumis à Lui, sa miséricorde a refleuri dans ces champs dévastés et son amour a coulé sur eux telle une rivière large et puissante.

Priez que Dieu vous aide et vous donne la force dans vos tâches quotidiennes aujourd’hui. Ne présumez pas que tout va se dérouler comme cela s’est passé hier, ou mardi dernier ou le mois dernier ou l’année dernière. La grâce et la miséricorde de Dieu se renouvellent chaque matin pour chaque tâche, chaque routine, qu’elle soit nouvelle ou non, familière ou non, pourvu que vous lui demandiez (Matthieu 7:7-8). Servez-le avec la force et le temps et le talent qu’il vous donne (1 Pierre 4:11), parce que le travail qui est devant vous est le travail que Dieu vous a assigné pour sa propre gloire.

Article traduit par Daniel Zuwala. © 2018 Desiring God Foundation. Site web : DesiringGod

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