Les chrétiens sont souvent divisés parce qu’ils sont par nature sur la défensive. Trop de divisions dans l’église, et spécialement dans les relations personnelles, prennent racine dans l’insécurité ou dans le fait d’être sur la défensive face aux accusations, qu’elles soient réelles ou imaginaires. Ces accusations peuvent aller de la remise en question frontale et brutale à quelque chose de beaucoup plus subtile et mesuré.

Par nature, nous sommes passionnément, et même parfois violemment, prompt à défendre notre personne, notre réputation ou nos revendications, même aux dépens des bonnes relations que nous pouvons avoir dans nos vies. Même les personnes dans lesquelles nous avons le plus confiance — un conjoint, un parent, un frère, un meilleur ami — peuvent rapidement se transformer en méchants au travers d’un simple regard de travers, d’un commentaire ou d’une question.

Quand nous sommes remis en question — dans notre intégrité, nos motifs, notre éthique, notre amour ou notre dévotion — notre alarme interne se déclenche et prend les armes pour se défendre. Pourquoi ? Parce que malgré le fait d’avoir été sauvé par la croix, nous voulons à tout prix prouver que nous sommes des personnes de valeur. Nous voulons être dignes de l’amour de Dieu et nous voulons avoir l’admiration de ceux qui nous entourent.

Si quelqu’un nous accuse d’être dans l’erreur, nous voulons que ce soit eux qui soient dans l’erreur. Et nous voulons que tout le monde sache qu’ils sont dans l’erreur.

Pas de condamnation, pas de panique

Cependant, si vous êtes en Christ, vous n’êtes plus sous la condamnation (Romains 8:1). Aucun jugement ne peut être fait contre vous qui vous priverez de quoi que ce soit que Christ a acquis pour vous à la croix. Il a payé pour tous vos péchés — toutes vos faiblesses, tous vos échecs, pour toutes les fois où vous blessez ou décevez quelqu’un, pour tout ce qu’il y a de mauvais en vous. Évidemment, de ce côté-ci de l’éternité, vous serez encore dans le tort. Vous pécherez encore (1 Jean 1:8). Mais personne — ni vos amis, ni vos parents, ni même Satan — ne peut vous condamner à ce sujet, même s’ils ont raison sur la question.

Si cette promesse est vraie, qu’il n’y a aucune condamnation pour ceux qui sont en Christ, cela devrait radicalement modifier la façon dont nous répondons aux critiques. Nous devrions être sur terre les personnes les moins sur la défensive, parce que le jugement a été rendu une fois pour toutes et que nous avons été déclarés innocents. Nous pouvons donc recevoir les questions et les accusations sans crainte, avec humilité et patience. Au lieu d’être sur la défensive, d’être irrité ou hostile, nous pouvons discerner avec calme et attention la véracité de toute critique, quelque soit sa forme et peu importe l’esprit dans lequel elle a été formulée.

Au final, il n’y a qu’un seul jugement qui compte et ce n’est pas celui de votre meilleur ami. Par Christ, Dieu a déjà donné un jugement définitif en votre faveur.

Éprouvez toutes choses

Essayez ceci : Partez du principe que vous êtes coupables quand un croyant vous remet en question sur un aspect de votre vie. Je ne dis pas de répondre comme si vous étiez coupables. Ne plaidez pas coupable immédiatement. Mais adoptez une posture pleine de foi, prête à éprouver n’importe quelles questions ou accusations portées contre vous.

La Bible nous dit de constamment nous tester nous-mêmes, peu importe ce que les autres pensent ou disent (2 Corinthiens 13:5, Galates 6:4). Ne présumez pas que vous êtes dans le vrai. Posez-vous vous-mêmes des questions sérieuses sur votre foi et votre vie. « [Dieu] fera marcher les humbles dans la justice ; il enseignera sa voie aux humbles. » (Psaume 25:9). Pourquoi alors ne pas utiliser les commentaires critiques des autres comme une opportunité de vraiment regarder en nous tout ce qui pourrait être en désaccord avec l’Évangile. « Éprouvez toutes choses [toute parole potentiellement prophétique en votre faveur ou contre vous]; retenez ce qui est bon » (1 Thessaloniciens 5:21). Avec votre Bible ouverte et un coeur humble, éprouvez leurs paroles et voyez s’ils peuvent être dans le vrai après tout.

L’Esprit en eux

Se moquer ou rejeter trop rapidement un frère ou une soeur en Christ peut être un rejet de l’oeuvre de Dieu — et plus spécifiquement de l’Esprit — à travers eux. Répondre durement ou être sur la défensive peut vous conduire à minimiser ou même étouffer des choses bien réelles que Dieu veut vous montrer ou vous enseigner à propos de sa personne ou de vous-mêmes.

Tandis que l’Esprit coule dans les veines du corps de Christ, l’Église, nous voulons encourager son action dans ses membres et entre ses membres. Cependant notre ego, notre sentiment de sécurité ou notre satisfaction en nous-mêmes ont cette fâcheuse tendance à vouloir boucher ces artères dans l’Église ou dans ceux qui nous sont chers. Nous aimons quand l’Esprit amène du changement et de la correction sur les autres membres, mais nous réagissons violemment quand cela s’approche de nous.

Avec l’Esprit, Dieu a donné à nos amis croyants et à votre famille la Bible afin de vous corriger et de vous reprendre. « Toute l’Écriture est divinement inspirée, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour former à la justice » (2 Timothée 3:16). Dieu a en partie écrit ce livre afin de donner aux personnes dans votre entourage des moyens de remédier à ce qui peut être de travers en vous.

Ainsi, « en toute humilité et douceur, avec un esprit patient, vous supportant les uns les autres avec charité » (Éphésiens 4:2), en les regardants comme plus excellents que vous-mêmes (Philippiens 2:3), regardez leurs questions et leurs critiques comme une preuve de l’amour que Dieu a pour vous. Ils n’auront pas toujours raison, mais que vous l’aimiez ou non, c’est l’un des moyens les plus réguliers que Dieu utilise pour vous rendre conforme à son image.

Jeunes et vieux

Cet Esprit, ce Livre et cet appel à être toujours plus conforme à Christ, sont pour tous les croyants dans votre entourage — les plus vieux et les plus matures que vous, vos compagnons de foi et de service, et même ceux qui sont plus jeunes et moins matures que vous. Bien sûr, ces différents groupes joueront un rôle différent dans votre croissance et dans votre sanctification, mais ne méprisez pas une critique uniquement parce qu’elle ne provient pas de quelqu’un de plus avancé que vous.

Paul dit aux jeunes dans la vie et dans la foi, « Que personne ne méprise ta jeunesse ; mais sois le modèle des fidèles par la parole, par la conduite, par la charité, par l’esprit, par la foi, par la pureté » (1 Timothée 4:12). Est-ce que Paul avait en tête que ce modèle serait juste une confirmation pour les croyants les plus anciens ? Non, il savait également que leur vie plus jeune et plus enfantine pourrait corriger les plus anciens et les plus matures dans la foi. Alors ne méprisez pas ou ne rejetez pas immédiatement les reproches de n’importe quel chrétien, même de ceux qui sont moins matures que vous ou qui vous paraissent moins matures que vous.

Davantage béni à recevoir

Quand on en vient à la réprimande, il est fort probable qu’il est bien plus profitable d’en recevoir que d’en donner. Les paroles de Jésus nous disent, « Quiconque s’élèvera sera abaissé ; et quiconque s’abaissera sera élevé » (Matthieu 23:12 ; Jacques 4:10). L’humilité laisse de côté cette obsession de vouloir préserver sa réputation ou ses revendications. L’humilité laisse la place à la correction parce qu’elle estime la vérité et la piété davantage que sa propre image ou sa position. Et c’est bien l’humilité qui sera récompensée à la fin.

L’humilité sera récompensée au final et elle recevra davantage de grâce au cours de cette vie. « Au contraire, il accorde une grâce plus grande. C’est pourquoi, l’Écriture dit : Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles » (Jacques 4:6). Si nous voulons expérimenter davantage de la grâce que Dieu a pour nous, il nous faut nous abaisser. Quand nous refusons les impulsions qui nous mettent sur la défensive, qui nous rendent irrités ou hostiles, Dieu nous donne davantage de sa puissance, de sa sagesse et de son amour — davantage de sa grâce en somme.

En fait, c’est une bénédiction d’être critiqué et même injurié à tort.

« Vous serez heureux lorsqu’à cause de moi on vous dira des injures, qu’on vous persécutera, et qu’on dira faussement contre vous toute sorte de mal. Réjouissez-vous et tressaillez de joie, parce que votre récompense sera grande dans les cieux ; car on a ainsi persécuté les prophètes qui ont été avant vous. » (Matthieu 5:11-12)

Croyons-nous vraiment cela ? Si tel était le cas, nous ne devrions pas réagir pas si rapidement et si mal quand nous sommes remis en question ou diffamés, spécialement quand la critique vient de personnes dont nous connaissons leur amour pour nous et pour notre Seigneur. Si tel était le cas, nous devrions résister à ce mauvais réflexe de nous mettre sur la défensive, nous réjouir de la discipline de Dieu et prendre le temps de nous examiner attentivement pour voir si effectivement nous sommes dans l’erreur ou non.

Article traduit par Daniel Zuwala. © 2018 Desiring God Foundation. Site web : DesiringGod

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