Faites l’inventaire de votre vie. Que possédez-vous actuellement ? Quelles que soient les choses que vous possédez, ce n’est pas le simple produit du hasard.

À notre petite échelle, Jésus nous promet de prendre soin de nous dans les plus petits détails de notre vie de tous les jours comme l’argent que vous avez dans les poches, la nourriture et les vêtements. Comme nous pouvons le voir dans les Écritures, dans ces petites choses, Dieu nous appelle à vivre selon des standards moraux parce que nous sommes susceptibles d’entrer dans de gros problèmes (comme des crédits à la consommation déraisonnables). Dieu nous demande d’être sage avec notre argent, de travailler pour avoir de quoi subvenir à nos besoins et d’être prudent avec ce que nous possédons.

À une plus grande échelle, la distribution et la redistribution des richesses sont le travail de notre Dieu souverain (Ecclésiaste 5:18-6:2). Tout ce que nous possédons lui appartient et il donne (et reprend) selon sa bonne volonté. Dieu a fait le pauvre et a fait le riche (1 Samuel 2:7).

Alors comment Dieu décide-t-il de distribuer ses richesses dans les vies de ses créatures ? Cela peut se faire de différentes manières.

  • Dieu peut vous donner beaucoup de choses, mais sans vous donnez l’occasion de profiter de ces choses, ce qui est une grande tragédie (Ecclésiastes 6:1-2).
  • Dieu peut vous accorder de nombreux biens, et vous donnez la possibilité de vous réjouir de ces biens – ce qui est une grande bénédiction (Ecclésiaste 5:18, Proverbes 10:22).
  • Dieu peut vous donner des richesses, mais au travers des persécutions, il peut reprendre ces richesses (Hébreux 10:34).
  • Dieu peut vous appeler à une vie de constante pauvreté (2 Corinthiens 6:10, 8:9).
  • Dieu peut vous donner une vie de grandes richesses (2 Chroniques 32:29).
  • Dieu peut vous donner une vie qui ne soit ni riche, ni pauvre (Proverbes 30:8).
  • Dieu peut vous bénir avec de grands biens, puis ensuite tout enlever et réduire toutes vos possessions au néant, puis vous redonner le double (Job).
  • Dieu peut faire de vous un homme riche et puis vous demandez de vivre dans une pauvreté choisie afin que le monde puisse voir où se trouve votre plus grand trésor (Matthieu 19:21, Marc 10:21, Luc 18:22).

Aucune de ces situations n’est automatique, Dieu dispose de ses richesses envers les hommes comme cela lui semble pertinent. Quand on regarde nos différentes situations avec l’argent, celles-ci sont très variées. Mais peu importe la quantité de choses que nous possédons, voici quatre choses qui peuvent nous aider à profiter d’une manière juste les choses que Dieu nous a données.

L’argent est temporaire

L’argent a existé avant nous, et il existera après nous également. Les flux commerciaux circulent depuis des millénaires, et un jour, quand nous ne serons plus là, ils continueront à circuler pour la prochaine génération. Nous vivons actuellement avec de l’argent et des possessions, mais tout ce que nous possédons sera un jour donné à quelqu’un d’autre.

Ce qui signifie réellement que l’argent est quelque chose de temporaire. Sur nos pièces nous pouvons trouver une effigie en l’honneur de César ou d’un président, afin de nous rappeler que leur valeur est aussi temporaire que les dirigeants de ce monde et que les puissances de ce monde qui prospèrent un temps et qui sombrent ensuite. Alors, rendez à César ce qui est à César.

En d’autres termes, le chrétien est appelé à posséder toutes choses comme s’ils ne les possédaient pas (1 Corinthiens 7:30). Utilisez l’argent, économisez l’argent, soyez économes avec l’argent. Mais reconnaissez également que l’argent que vous avez dans votre portefeuille n’est ni plus ni moins que de l’argent du Monopoly de notre époque. L’argent n’a aucune valeur éternelle.

Nous entrons dans ce monde les mains vides, et nous le quitterons les mains vides. Et si nous vivons entre ces deux instants avec une soif intense de posséder, nous faisons un grand tort à notre âme (1 Timothée 6:6-10).

Ceci est vrai pour les voitures et pour les maisons également. C.S. Lewis disait que le secret pour véritablement se réjouir de sa maison passe par un sacrifice, par une certaine crucifixion dans notre relation avec elle. Nous sacrifions notre maison, nous relâchons l’emprise que nous avons sur elle, et elle devient alors un sujet de joie. Quand on parle de possessions, le vrai plaisir se trouve dans le désintérêt que nous portons aux choses.

Ainsi, ne vous glorifiez pas dans vos possessions, mais glorifiez-vous dans le fait que vous appartenez à Dieu (Jérémie 9:23-24). C’est là que notre gérance est mise en avant. Les bénédictions matérielles sont les choses que nous devons gérer de manière temporaire, mais notre vocation éternelle est de nous réjouir en Dieu et dans ses dons.

Profitez de vos possessions maintenant

Comme nous l’avons vu, nous ne savons pas toujours ce que Dieu fait dans nos vies en ce qui concerne ce que nous possédons. Il a des plans différents pour chacun d’entre nous. Mais il a ce désir que ses enfants profitent des dons qu’il leur a donnés. Si vous avez un pantalon, une chemise et un sandwich vous pouvez être satisfait dans la vie. Et si vous pouvez être satisfait avec peu, vous pouvez apprécier la bonté de Dieu dans les millions de petites choses qu’il vous donne chaque jour (1 Timothée 6:8).

En fait, peu de choses dans cette vie sont plus profitables que de se réjouir de votre vie et des dons que Dieu vous donne dans un esprit de crainte, d’obéissance et de foi envers Dieu (Ecclésiaste 8:15;9:7-10;10:19;12:13).

Si vous êtes prompt à murmurer et à vous plaindre plutôt qu’à exprimer de la gratitude, priez et demandez à ce que Dieu vous donne la capacité de vous réjouir dans ce qu’il vous donne. Comme le livre de l’Ecclésiaste le dit clairement : Un des dons les plus rares et les plus précieux est le don de se réjouir dans ce qui nous est donné chaque jour.

Profitez de vos possessions en les partageant

La personne qui ne peut pas se réjouir dans les dons que Dieu lui donne chaque jour est souvent la personne qui pense à tort qu’il doit posséder des choses afin de pouvoir s’en réjouir.

Nous n’avons pas besoin de posséder des choses pour nous en réjouir. L’art par exemple est fait pour être partagé dans un musée ou dans une galerie, et non pas pour être enfermé dans la pièce secrète d’un multimillionnaire. Croire que nous devons posséder pour nous réjouir est une erreur et un faux espoir.

Le chrétien a saisi cela. Le plaisir de partager est ce qui a conduit l’église primitive à partager tout ce qu’elle possédait (Actes 2:45;4:32; 1 Jean 3:17). Ils ont donné de l’argent. Ils ont pris soin des pauvres. Ils ont aidé les missionnaires. Un groupe de femmes riches ont financé l’avancement de l’Évangile (Luc 8:2-3). Il y a un plaisir tout particulier dans nos possessions quand nous ne pensons pas à elles en tant que choses que nous avons, mais quand nous les utilisons pour augmenter le plaisir des autres.

Profitez de ce que vous n’avez pas

Finalement, et probablement la raison pour laquelle j’ai écrit cet article – Dieu nous appelle à nous réjouir dans ce que nous ne pourrons jamais posséder.

Je ne peux pas être le propriétaire de nombreuses choses formidables que Dieu m’a donné. Je ne suis pas le propriétaire de ma femme ou de mes enfants. Je ne possède pas le temps, ni les océans, ni la pluie ou le soleil, ni les chaînes de montagnes majestueuses. En tout cas pas dans le même sens que je possède mon propre minivan.

La personne qui aime tellement l’océan et qui vend tout ce qu’il a pour acheter une propriété en bord de mer avec sa propre plage privée et qui la ferme aux autres afin qu’il puisse être le seul à en profiter, est une personne dont la joie est vouée à mourir à cause de cette exclusivité. Il ne peut pas profiter de ses possessions, parce que ses possessions le possèdent.

De l’autre côté, la personne qui achète une propriété en bord de mer afin de pouvoir la partager librement avec ses amis et sa famille, verra sa joie être doublement augmentée. Par sa générosité, cette personne sera une bénédiction pour les autres.

Mais peut-être que la personne la plus bénie est celle qui n’a pas besoin de posséder une propriété en bord de mer. Il a appris à se réjouir sur chaque plage du monde. Il est libre du désir de se réjouir uniquement dans ce qu’il possède. Cela semble être la manière dont Romains 1 nous pousse à la contemplation. Être humain signifie exprimer notre gratitude envers Dieu pour les plaisirs de la création qu’il nous a donnés.

Et si cela est vrai, alors nous allons découvrir que se réjouir dans ce monde est quelque chose qui est bien différent que ce que le monde nous propose au travers de nos possessions.

Tom Bombadil

Un bel exemple littéraire d’un homme qui se réjouit dans les choses qu’il ne possède pas est Tom Bombadil dans le livre Le Seigneur des Anneaux de Tolkien. Dans ce roman épique, Tom Bombadil est un personnage mystérieux qui est prompt à rire et qui semble vivre constamment dans la joie. Mais sa vie n’a aucun impact sur l’histoire principale (ce qui explique pourquoi il n’est pas présent dans les films).

Le rôle de Tom dans l’histoire est subtil et on peut facilement passer à côté. Au début de leur voyage, Frodon et la compagnie traversent ses terres dans ce qui semble être un moment de répit face à ce qui les attend par la suite.

« Qui est Tom Bombabil ? » Frodon demande-t-il à la femme de Tom, Goldberry. « C’est le maître des bois, de l’eau et de la colline. » « Alors toutes ces terres lui appartiennent ? » « Non, absolument pas »

Non, absolument pas. Les bois, l’eau et ses collines qui procurent tant de plaisir à Tom Bombadil ne lui appartiennent pas. Ils lui sont donnés pour qu’il s’en occupe et qu’il s’en réjouisse.

Tom n’est pas une allégorie contre le fait de posséder, ni une allégorie pour être passif. Comme Tolkien le montre par la suite clairement, il y aura besoin que l’on bataille contre Sauron pour stopper le mal afin de préserver le style de vie de Tom et Golberry.

Et si nous avons besoin de confirmation, Tokien écrit clairement dans ses lettres que Tom est une énigme qu’il a volontairement placée là. Tom incarne un contraste. Tom représente une âme qui a été libérée de la soif de posséder afin de pouvoir se réjouir dans la beauté de la création. Il a renoncé à tout contrôle, et ainsi les moyens d’atteindre le pouvoir ne lui sont d’aucune valeur. C’est pourquoi Tom Bombadil peut tenir l’anneau de puissance sans que ce soit un danger pour lui ou pour les autres. L’anneau n’a aucun pouvoir sur Tom parce que Tom n’a aucun intérêt à posséder la puissance de l’anneau.

Quand la soif de posséder est brisée, quand la gratitude prend sa place et quand on peut simplement se réjouir dans la beauté de la création, alors l’un des projets les plus sombres de l’ennemi dans le coeur de l’homme est anéanti.

Tom Bombadil est un modèle dans le fait de se réjouir dans ce que nous ne possédons pas, et ensuite de partager ce que nous possédons – comme un bon repas avec des amis autour de la table. Puissions-nous briller de la même manière avec un coeur joyeux, en étant également des grandes énigmes dans notre propre monde.

Article traduit par Daniel Zuwala. © 2018 Desiring God Foundation. Site web : DesiringGod

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