En Août dernier j’ai démissionné de mon poste de pasteur en charge de la formation de disciples dans une église que j’aimais profondément. N’étant pas assuré de pouvoir servir de nouveau à plein temps dans le ministère, j’ai accepté un poste dans un magasin dans une ville inconnue avec des personnes inconnues.

Un jour avant de commencer mon nouveau travail, j’apprends que mon père de soixante-six ans s’est évanoui et a besoin en urgence d’une opération médicale. En raison de la gravité de la situation, il fut très rapidement pris en charge par l’hôpital, et son opération se déroula dans les jours qui suivirent.

Lors de l’opération, il fit une attaque cardiaque. Son foie et son rein furent mis à rude épreuve, son coeur fonctionnait à peine, et les chirurgiens lui greffèrent un coeur artificiel afin de le maintenir en vie. À la vue de toutes ces complications, les médecins le plongèrent dans le coma et requalifièrent son état de santé de critique à extrêmement préoccupant.

J’étais abasourdi.

Ma prière

Ce qui avait commencé le mercredi par être une simple prière à Jésus pour qu’il garde mon père lors de son opération, devint le dimanche suivant, une supplication vers celui qui est souverain sur la vie et la mort.

Mon père resta dans un coma artificiel pendant 21 jours. Cela n’était pas facile pour moi de voir l’homme le plus fort que j’ai pu connaître être à ce point totalement réduit à l’impuissance. Et alors que j’étais dans sa chambre d’hôpital, je repensais à peine à ma déception et ma désillusion de quitter le ministère à plein temps.

J’avais besoin à ce moment-là d’une ancre pour mon âme comme jamais auparavant. J’avais l’impression que tout ce qui soutenait ma vie était en train de s’ébranler. Ma vie me semblait totalement à la dérive.

Ma supplication journalière – « Viens, Jésus, viens ! » – devint la chose qui me soutenait, me ramenant sans cesse à Romains 5:1-5, et m’encourageant à m’agripper à quatre ancres, quatre fondations inébranlables, au milieu de toute cette souffrance.

Ancre 1 : La paix dans la personne et l’oeuvre accomplie de Jésus

« Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu, par notre Seigneur Jésus-Christ » (Romains 5:1). Nous souffrons tous de ce côté du paradis, mais dans ces moments nous pouvons réaliser que ce ne sont pas nos souffrances qui façonnent l’oeuvre accomplie de Jésus, mais plutôt que c’est l’oeuvre accomplie de Jésus qui façonnent nos souffrances.

La mort, l’ensevelissement et la résurrection de Jésus, qui a été fidèle pour accomplir l’oeuvre que le Père lui avait donné de faire, sont ce qui permet aux élus de Dieu de connaître le repos. Ce travail de réconciliation nous fait passer du statut d’ennemis méritant la pleine colère de Dieu à celui de fils et de filles de Dieu et héritiers du royaume inébranlable.

Pour le chrétien, il est de la plus grande importance que nous saisissions cette vérité par la foi, et que nous comprenions que non seulement Christ nous assure une paix passée, présente et future, mais qu’il est lui-même notre. La seconde venue de Christ amènera le commencement d’une nouvelle ère où le mal, la souffrance et la mort n’existeront plus. Mais notre espérance dans ce jour glorieux est intimement liée à la conviction qu’ici et dès maintenant, Jésus nous a totalement et parfaitement justifiés au travers de son oeuvre accompli à la croix et au travers de sa résurrection.

Ancre 2 : La paix avec Dieu

« Par la foi, [il] nous a aussi fait avoir accès à cette grâce, dans laquelle nous demeurons fermes, et nous nous glorifions dans l’espérance de la gloire de Dieu » (Romains 5:2). Non seulement nous demeurons fermes dans ces bénéfices que la justification nous offre, mais nous demeurons fermes en Christ. Nous avons été justifiés par la foi pour être uni à Christ. C’est une grâce totalement imméritée. C’est une grâce à l’état pur. Nous sommes unis à Christ.

Et non seulement notre union à Christ nous permet d’être assurés vis-à-vis de la promesse de la vie éternelle, mais elle nous permet de tenir ferme dans ce monde qui est assujetti à la malédiction du péché et dans toutes ces insécurités et questions que nous pouvons connaître pendant notre vie sur terre.

Ancre 3 : La paix qui mène à l’espérance

« Et non seulement en cela, mais nous nous glorifions même dans les afflictions, sachant que l’affliction produit la patience, et la patience la vertu éprouvée, et la vertu éprouvée l’espérance. » (Romains 5:3-4).

La souffrance nous façonne de manière bien particulière. Quand nous sommes unis à Christ, nous sommes également unis avec lui dans ses souffrances. Et comme nous le rappelle Hébreux 2:10, Christ a été rendu parfait par ses souffrances.

Quand Jésus reviendra, et que toutes choses lui seront assujetties, nous serons alors glorifiés avec lui. Et nous attendons avec impatience ce jour ! Mais nous avons également une grande espérance pour le présent, sachant qu’il nous transforme de gloire en gloire à son image, ici et maintenant (2 Corinthiens 3:18). Je le rappelle encore une fois, tandis que nous sommes unis à Christ même dans nos souffrances, c’est bien Christ qui nous transforme à son image. Et si c’est Christ qui nous transforme, alors nous avons tout ce dont nous avons besoin, car tout ce dont nous avons besoin c’est Jésus.

Ancre 4 : La paix dans la présence de Dieu lui-même

« Or, l’espérance ne trompe point, parce que l’amour de Dieu est répandu dans nos coeurs, par l’Esprit-Saint qui nous a été donné » (Romains 5:5). Parmi toutes les ancres qui me permettent de tenir dans les moments critiques de la vie, la plus forte est cet engagement de Dieu de se donner lui-même entièrement à moi.

Dieu est l’Évangile, même dans la douleur. Il est celui que nous pouvons avoir. Il est notre récompense. Il est notre trésor. Il est l’ancre de notre âme.

Dieu a envoyé son Fils unique afin que nous puissions être réconciliés avec lui. Et à cause de ce que Jésus a accompli, nous pouvons avoir maintenant le Père. Et parce que nous avons le Père, nous avons également totalement le Fils. Et comme si cela n’était pas assez, la personne du Saint-Esprit se joint à nous que cet amour et cette sécurité du Dieu trinitaire puissent être une réalité tangible dans notre coeur.

Dieu se donne entièrement à nous afin que quand il nous semble que toute notre vie nous échappe et que tout semble désespéré, il puisse être notre espoir et notre roc.

Comme nous le dit cet ancien hymne, « Son serment, son alliance, son sang me réconfortent dans la tempête ; quand tout s’écroule autour de moi, il est alors mon espoir et mon roc ».

Article traduit par Daniel Zuwala. © 2018 Desiring God Foundation. Site web : DesiringGod

Vous êtes autorisés et même encouragés à reproduire et à distribuer cet article dans son ensemble et ce de manière gratuite uniquement. En cas de partage sur internet, merci de ne poster qu'une partie du contenu (et non sa totalité) et de placer un lien vers cette page.