Les moments pendant lesquels nous nous sentons les plus utiles sont quand nous nous asseyons à côté de frères ou de soeurs qui sont dans la souffrance. Quelle est la première chose que vous dites à une personne qui est particulièrement en train de souffrir ou qui vient de recevoir de bien mauvaises nouvelles ? Comment parlez-vous à une personne que vous aimez et qui est blessée, fragilisée ou effrayée ? Par quoi commencez-vous ?

Pierre écrivait à des amis qui faisaient face à des souffrances et à des oppositions particulièrement intenses (1 Pierre 1:6 ; 2:18-19 : 3:8-9). Ces personnes étaient blessées, et apparemment de nouvelles souffrances étaient encore à craindre. Comment Pierre commence-t-il sa lettre pour eux ?

Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui, selon sa grande miséricorde, nous a fait renaître, pour une espérance vivante par la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts, pour un héritage incorruptible, sans tache, inaltérable, et réservé dans les cieux pour nous, qui, dans la puissance de Dieu, sommes gardés par la foi, pour le salut, qui est prêt à être manifesté dans les derniers temps. (1 Pierre 1:3-5)

Pierre ne commence pas avec des paroles pleines de compassion et de tristesse, mais avec un cri de victoire et un chant de louange. Il semble vouloir minimiser la douleur en faisant lever les yeux de ses lecteurs au-delà de leur souffrance pour les faire regarder à Dieu et à son plan pour les sauver et les réjouir à jamais.

Pour des personnes du 21ème siècle, cela pourrait paraître comme quelque chose d’insensible. Nous aurions plutôt tendance à être calmes, solennels et contrits. Pierre nous propose ici une approche différente. En fait, il continue son épître en disant, « En cela vous vous réjouissez, quoique vous soyez maintenant attristés pour un peu de temps par diverses épreuves, puisqu’il le faut » (1 Pierre 1:6). Pierre parle de ces souffrances à venir qui pourraient être violentes voir même mortelles, il parle également de persécution, et il semble vouloir traiter ces choses comme s’il ne s’agissait que d’un mauvais jour ou d’une mauvaise semaine. Il nous de parle de souffrance qui ne sont que « pour un peu de temps ».

Ne jouez pas avec la souffrance

Certains d’entre nous ont certainement besoin d’apprendre à être lents à parler (Jacques 1:19), à être doux dans leurs paroles (Tite 3:2) et à être lents à donner des réponses ou des solutions (Proverbes 18:13). Ceux d’entre nous qui sont rapides à donner des solutions toutes faites, ou qui n’ont que très peu de compassion ont besoin d’être corrigés afin de ne pas rouvrir des plaies ou même blesser encore davantage par insensibilité ou par manque de compassion. La douleur, quelle qu’elle soit, est quelque chose de réel, de sensible et de délicat. De bonnes intentions, une bonne théologie et même de bonnes nouvelles peuvent être des armes dangereuses dans les mains de personnes sans sagesse.

Nous devons traiter avec beaucoup de soin les personnes brisées et blessées. Nous avons besoin du Saint-Esprit pour être guidés dans ce que nous devons dire, quand nous devons le dire, avec quel ton et dans quel contexte.

Mais ici Pierre écrit cette lettre, non avec timidité ou avec précaution, mais avec hardiesse et plein de confiance. Et nous savons tous que la manière ultime de surmonter la douleur n’est pas en se fixant sur la douleur elle-même, mais en ayant les yeux fixés sur la solution à cette douleur.

Un futur pour les blessés

Si nous devions suivre l’exemple de Pierre, nous avons besoin de regarder à la manière dont il traite la douleur chez ceux qui souffrent. À quoi ressemble l’amour chrétien face à la souffrance ? Dans l’amour, Pierre les conduit à l’adoration et leur redonne les promesses d’un trésor infini. Il les pousse à changer de perspective en regardant ce que Dieu cherche à accomplir au travers de cette douleur. Tout cela afin de réduire cette étreinte terrifiante et paralysante que peut avoir la souffrance sur les croyants.

« Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ ! » est plus qu’un cri de louange, c’est un cri de guerre contre les ténèbres, contre les oppositions et les souffrances de ce monde. C’est un rappel pour les croyants de la suprématie Dieu qui pourraient être devenu oublieux de cette vérité en raison des souffrances dans leurs vies. C’est un appel à se réveiller de la stupeur de la douleur pour se relever dans l’espoir et dans l’adoration.

Ce cri de guerre est suivi d’une promesse : Vous possédez un trésor au-delà de tout ce que vous pouvez penser (1 Pierre 1:4). Cet héritage ne périra jamais, il n’expirera jamais. Il est « incorruptible ». Vous ne pouvez en venir à bout. Il n’est pas entaché ou contaminé par quoi que ce soit. Il est « sans tache ». Cet héritage sera toujours là, il est en sureté, il est pur et il est bon. Il est « inaltérable ». Notre espoir pour l’éternité est quelque chose de vivant, il se renouvelle chaque jour dans l’amour, la joie et la paix. Il devient toujours plus fort, toujours plus profond. Il est toujours là. Ce glorieux héritage ce n’est pas de l’argent ou une propriété foncière, cet héritage c’est Dieu lui-même (Psaume 16:5-6).

L’objectif caché dans notre souffrance

Après avoir lancé ce cri de guerre passionné, et après avoir refixé l’espoir des croyants sur le trésor incorruptible, sans tâche et inaltérable qui les attend au paradis, Pierre met alors en perspective la douleur de ces croyants. Qu’est-ce que Dieu est en train de faire au travers des souffrances que nous endurons ?

En cela vous vous réjouissez, quoique vous soyez maintenant attristés pour un peu de temps par diverses épreuves, puisqu’il le faut, afin que l’épreuve de votre foi, plus précieuse que l’or périssable, qui pourtant est éprouvé par le feu, vous tourne à louange, à honneur et à gloire, lors de l’avènement de Jésus-Christ. (1 Pierre 6:-7)

Pierre ne minimise pas leur souffrance en leur disant que ce n’est pas si grave, mais plutôt il la minimise en leur montrant que Dieu est à l’oeuvre dans leur souffrance et qu’il a un projet bien plus grand que ce qu’ils ne peuvent voir pour l’instant. En tant que chrétiens, nous ne minimisons pas la douleur en la traitant à la légère, mais plutôt en mettant l’accent sur Dieu et sur ce qu’il veut faire pour nous au travers de celle-ci. Plus nous regardons à Dieu, plus nous nous souvenons de tout le bien qu’il a pu accomplir dans chacune de nos douleurs, et plus cette douleur va avoir tendance à perdre sa capacité à nous paralyser et à nous décourager. Elle nous fait toujours souffrir, mais nous sommes capables d’y trouver un sens et, comparés à l’éternité, elle nous semble passagère.

Une approche récurrente de la douleur dans la Bible

Pierre n’est pas le seul apôtre à traiter la douleur de cette manière dans la Bible. Paul, en parlant aux chrétiens de Corinthes qui étaient également en train de souffrir, leur dit,

C’est pourquoi nous ne perdons point courage, et si notre homme extérieur se détruit, l’intérieur se renouvelle de jour en jour ; car notre légère affliction du temps présent produit en nous le poids éternel d’une gloire souverainement excellente. (2 Corinthiens 4:16-17)

Il qualifie leur souffrance de « légère » et de « temporaire ». Comment peut-il dire cela ? Quelques-uns des Corinthiens ont été dans la maladie, dans l’exil et ont connu la diffamation toutes leurs vies ! Il peut dire cela en mettant toutes ces choses en perspective par rapport à l’éternité. Tout ce mal et toutes ces angoisses sont légères et momentanées en comparaison à la gloire qui les attend pour l’éternité.

S’adressant aux Romains, qui étaient également connus pour être passé par des épreuves difficiles – des procès, des persécutions, des afflictions – Paul leur dit, « J’estime qu’il n’y a point de proportion entre les souffrances du temps présent et la gloire à venir, qui sera manifestée en nous » (Romains 8:18). Ces souffrances paraissent importantes, insupportables,et ne jamais vouloir s’arrêter. Mais en comparaison avec la promesse de l’éternité avec Dieu, elles ne font pas le poids.

Pierre et Paul nous donnent peut-être ici une nouvelle manière de gérer notre douleur. Oui, nous avons besoin d’être lents à parler, d’être doux et remplis de compassion. Mais la vraie compassion et le vrai amour ne sont pas honteux ou timides au sujet de la Bonne Nouvelle que Dieu nous donne dans chaque douleur. Nous devons connaître la grandeur de notre Dieu, la hauteur de son amour et le soin tout particulier qu’il porte à chacun d’entre nous si nous voulons endurer toutes ces souffrances avec un espoir et une joie inébranlables au milieu de ce monde qui nous entoure.

Article traduit par Daniel Zuwala. © 2018 Desiring God Foundation. Site web : DesiringGod

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