« Vice-Versa », la dernière création du studio Pixar, nous fait rentrer dans l’esprit d’une jeune fille de 11 ans nommée Riley. A l’intérieur on y découvre cinq personnages illustrant ses cinq principales émotions : Joie, Peur, Dégoût, Colère et Tristesse. Ces cinq personnages, entraînés par Joie, sont en charge de ce qui la guide dans sa vie personnelle forgeant ainsi sa personnalité.

C’est un film plaisant et qui nous veut nous faire réfléchir — jeunes et vieux, enfants et parents — sur nos émotions. Après l’avoir regardé, vous n’expérimenterez plus les sautes de colère ou les explosions de pleurs de la même manière. Les auteurs et les animateurs ont vraiment fait un travail formidable en nous montrant et en nous faisant ressentir les absurdes, mais néanmoins réelles tensions que nous pouvons avoir dans le coeur.

Une joie dans laquelle croire

L’un des principaux objectifs de « Vice-Versa » est de montrer les fondements du bonheur. Dans une société qui recherche la joie dans le confort et dans les divertissements, Pixar nous présente un tableau différent de la vie. Être heureux ce n’est pas éliminer ou même minimiser les émotions qui ne s’appellent pas Joie. Jamais personne dans l’histoire n’a réussi au travers de cette approche. « Vice-Versa » déclare d’une manière originale qu’une bonne vie — du moins celle qui arrive réellement sur cette terre — n’est pas exempte de tristesse ou de colère. Mais plutôt, elle permet à la joie de vivre en harmonie avec ces autres émotions moins agréables.

Le film nous fait rentrer dans l’esprit d’une jeune adolescente dont la vie a été bouleversée par un déménagement à l’autre bout du pays. Le génie de ce film est dans la compréhension de la fragilité que nous expérimentons tous. Nous l’expérimentons tous mais cependant peu de films à la télévision et au cinéma nous aident à y faire face et à la supporter. Dans « Vice-Versa », la vie est difficile mais pas sans espoir. La douleur et la tristesse sont des expériences riches et mêmes précieuses.

La joie dans le confort ou dans le sport peut réellement nous rendre heureux pour un temps, mais ce n’en est pas la fondation ou tout du moins pas une fondation solide. C’est quelque chose de très fragile. Un petit moment d’embarras devant toute la classe et tout s’effondre. Si la vie consiste simplement à préserver ce bonheur simple et enfantin, alors nous sommes tous perdus et sans espoir. À un moment donné — et souvent bien plus tôt qu’on ne le croit — la vie devient plus compliquée — un déménagement inattendu, une trahison, un divorce, une maladie, un échec professionnel, un deuil. La vie va nous voler cette joie enfantine à l’âge de sept ans, dix-sept ans ou trente-sept ans. Et si nous ne savons pas comment garder cette joie lorsque la tristesse vient, nous resterons frustrés, confus et amers. Le film nous montre justement la futilité d’un bonheur à court terme.

L’histoire commence avec une Joie frénétique — toujours pleine d’encouragements — gérant l’équipe des émotions. Elle travaille à ce que tout le monde soit calme, prévisible et heureux. La simplicité de la vie d’un enfant consiste alors dans des plaisirs simples et répétés. Mais à la fin du film, Joie va tenir compte et même coopérer avec les autres sentiments, prenant conscience de leur rôle inévitable et critique dans la vie de Riley. À travers ce film, Pixar mets des images et des mots afin d’aider les enfants à faire face à la dépression, à la peur, à la révolte et à la réalité d’un monde déchu, sans abandonner l’espoir d’un vrai bonheur.

Les fondements de Riley

« Vice-Versa » s’attaque au problème de la joie, mais la laisse sans racine. La joie est réelle et même mature, mais elle n’est pas fiable. Elle n’est pas faite, et on s’attend pas à ce qu’elle le soit, pour traverser le prochain orage qui s’abattra sur nos vies. Quand une des choses qui fait notre personnalité s’effondre — que ce soit le hockey ou l’amitié — on en recommence une autre.

Pixar illustre bien le problème mais ne donne pas de solution satisfaisante. Et je ne suis pas sûr qu’il le puisse. En effet, le sauveur dans « Vice-Versa » est un éléphant imaginaire nommé Bing Bong.

Alors soyons clair, je ne m’attends pas à voir un Jésus en bande dessinée apparaître juste comme cela de la chambre des pensées. Mais en tant que croyant en Jésus-Christ, je suis toujours intéressé de voir vers quoi le monde se tourne pour trouver de l’espoir et du secours. Dans « Vice-Versa », Riley le trouve dans le souvenir d’un animal imaginaire, dans l’affection de sa mère ou dans son don pour le hockey. Ces héros sont mignons, mais pas éternels. Pour les enfants en effet, l’espoir se trouve dans un flot constant de héros — dans quelque chose de nouveau pour chaque saison de la vie qui les encourage, les console ou les inspire. Mais en tant que croyant en Christ, nous pouvons faire bien mieux que Bing Bong.

Pour vous, parents, Pixar a fait un bon travail afin que vos enfants puissent mieux se comprendre eux-mêmes. Ils pourront maintenant imaginer Joie, Colère et Tristesse — ces petites figurines jaune, rouge et bleue dans leur tête — quand ces émotions commenceront à surgir et à les submerger. Mais Pixar peut uniquement nous diriger vers nous-mêmes. « Vice-Versa » ne nous fait pas regarder vers le haut, les yeux tournés vers Dieu. Cela n’en fait pas un mauvais film car ce film est une formidable opportunité d’amener le coeur et l’imagination de vos enfants vers ce qu’il y a de plus profond en eux, pour ensuite leur faire lever les yeux vers un sauveur réel, fiable et entièrement satisfaisant.

Une joie enfantine

Le message de « Vice-Versa » est que la joie peut être bien réelle tout en étant mixée avec des souvenirs et des expériences plus sombres et plus difficiles. Ce film nous rappelle que la vie n’est pas toujours facile, drôle et sans souci. La vraie joie, celle qui persiste au travers des souffrances et des douleurs, n’est pas quelque chose de facile. Elle est entrelacée, encore et encore, avec de la tristesse. Il en est de même avec Christ dans une dimension encore plus profonde. Nous sommes « affligés, mais toujours joyeux » (2 Corinthiens 6:10). Mais notre joie est d’autant plus profonde et plus résistante que nous expérimentons la souffrance.

Cependant, l’espoir pour les chrétiens est qu’il y a bien mieux que cette vie sur terre. La joie que Riley a connue avant le déménagement de sa famille — ce bonheur simple, pur et entier — n’est pas si éloigné de l’espoir que nous avons pour le paradis. Cette joie en abondance et éternelle que nous aurons avec Dieu dans sa présence ne sera plus anéantie par la tristesse, la souffrance, ou le dégoût, mais elle n’en sera que plus grande au travers d’eux. Un jour, Dieu essuiera toute larme (Apocalypse 21:4) — plus de peur, plus de tristesse — et de manière surprenante nous serons éternellement mieux d’avoir connu toutes ces douleurs.

Notre joie, à ce moment-là, sera véritablement entière, libre et sans crainte. Une joie enfantine, mais indestructible.

Article traduit par Daniel Zuwala. © 2018 Desiring God Foundation. Site web : DesiringGod

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